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Plan social chez Hop!: les sites d'Orly, Morlaix et Lille voués à la fermeture

Manifestation de salariés devant le siège de Hop!, le 30 juillet 2020 à Nantes

Manifestation de salariés devant le siège de Hop!, le 30 juillet 2020 à Nantes - Sebastien SALOM-GOMIS © 2019 AFP

La direction de la filiale régionale d'Air France prévoit de supprimer 1007 postes, soit 42% des effectifs.

Les sites de Hop! de Morlaix, Lille et Orly sont voués à la fermeture, a confirmé le plan présenté mercredi à Nantes par la direction de Hop!, filiale régionale d'Air France, qui envisage de supprimer près de la moité de ses effectifs (42%), soit 1007 postes, plan "inacceptable" pour les syndicats.

Un deuxième CSE extraordinaire s'est tenu au siège social de l'entreprise, née en 2013 de la fusion des compagnies Brit Air, Régional et Airlinair. Selon les documents consultés par l'AFP, le site d'Orly, qui représente 350 postes (exprimés en ETP, équivalent temps plein), et celui de Morlaix (209 postes), seront fermés, de même que celui de Lille (88 postes).

Hormis Roissy-Charles de Gaulle et Lyon, toutes les bases de personnel navigant sont par ailleurs promises à la fermeture. "La direction déroule un plan très clair, et malgré son intention de ne pas avoir de départs contraints, c'est la dégringolade et il y a peu de chances que la compagnie survive d'ici cinq ans avec seulement 29 avions contre 51 aujourd'hui", a réagi Jean-Philippe Rocaut, membre du SNPL (pilotes). "Avec 42% des postes supprimés contre 12% pour Air France, Hop! est clairement une variable d'ajustement", a-t-il ajouté, critiquant "la reprise des lignes Hop! mais pas du personnel par Transavia", la filiale à bas coûts d'Air France.

"C'est un plan de destruction"

"On va amplifier la lutte et continuer à se battre car ce plan est inacceptable. Ce n'est pas un plan de restructuration, c'est un plan de destruction", a déclaré Joël Rondel, secrétaire du CSE et élu CGT. "L'argument écologique ne tient pas la route avec seulement trois lignes supprimées, c'est plutôt l'argument de la rentabilité qui l'emporte. Le plus dramatique c'est qu'on risque d'avoir des licenciements secs alors que le gouvernement avait dit qu'il ne les autoriserait pas. Air France se sert du plan de 7 milliards du gouvernement pour licencier", a-t-il critiqué.

"Nous n'acceptons pas que Morlaix paye l'addition du sauvetage d'Air France", a réagi de son côté Loïg Chesnais-Girard, président PS de la région Bretagne. Interrogé par l'AFP, Air France a simplement précisé que ce nouveau CSE était la poursuite de celui organisé le 31 juillet, afin d'"accorder plus de temps aux échanges sur les projets de plan de départs volontaires-plan de sauvegarde de l'emploi".

Frappé par la crise du Covid-19, le groupe Air France compte supprimer plus de 7500 postes d'ici à la fin 2022, dont environ 6.500 au sein de la compagnie tricolore et plus de 1.000 au sein de Hop!.

P.L. avec AFP