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Nokia: l'intersyndicale attend des "milliers" de manifestants ce samedi à Lannion

Nokia avait annoncé le 22 juin la suppression de 1233 postes en France, dont 402 à Lannion.

Nokia avait annoncé le 22 juin la suppression de 1233 postes en France, dont 402 à Lannion. - Damien MEYER - AFP

"Plusieurs milliers de personnes" sont attendues ce samedi à la manifestation à Lannion dans les Côtes-d'Armor pour la défense du site de Nokia, où près de 400 emplois sont menacés.

"Notre bagarre est le retrait du plan social. Malgré les déclarations des dirigeants de Nokia, c'est clairement la survie du site qui est en jeu", a déclaré Bernard Trémulot, délégué central CFDT lors d'une conférence de presse d'une intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC) organisée cette semaine à Lannion.

Pour Bernard Trémulot, il "est facile de faire un tableau Excel à Helsinki" mais "ça ne marche pas comme ça": derrière chaque suppression d'emploi à Lannion, il y a "des drames humains" alors que ces postes sont en fait "délocalisés", dans des pays comme l'Inde, la Roumanie ou le Canada.

Selon l'intersyndicale, le 22 juin a sonné comme "un coup de massue" avec l'annonce du projet de restructuration en France et ses 1233 suppressions de postes, dont 402 dans cette ville bretonne de 20.000 habitants.

Quatrième PSE depuis 2016

Depuis l'achat d'Alcatel-Lucent par Nokia en 2016, il s'agit du quatrième Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), avec 44 suppressions d'emplois à Lannion en 2016, 91 en 2017 et 55 en 2019, essentiellement dans les fonctions supports, a détaillé la CGT. Pour ce PSE, les postes visés sont à "90% en R&D" (recherche et développement), a expliqué Philippe Mulot, délégué CGT. 

Les organisations syndicales ont longuement pointé les conséquences désastreuses qu'aurait le PSE pour le Trégor, territoire situé dans le nord de la Bretagne, où le secteur des télécommunications est, avec le tourisme, l'un des piliers de l'économie locale, et est souvent cité comme un exemple réussi de décentralisation industrielle.

Les syndicats ont rappelé qu'en 1996 le Trégor s'était massivement mobilisé avec 20.000 manifestants contre la fermeture de la dernière unité de production locale d'Alcatel et en 2007 avec 6000 personnes dans la rue contre un plan social chez Alcatel-Lucent.

Autre preuve de la mobilisation, 300 personnes ont déjà réservé leur place dans un train spécial Lannion-Paris pour la manifestation mercredi prochain dans la capitale, prévue le lendemain du déclenchement formel du PSE, selon la CFDT.

Enfin les syndicats se sont inquiétés de la multiplication des annonces de plans sociaux en Bretagne ou de menaces sur l'emploi industriel, citant la Fonderie de Bretagne (groupe Renault) près de Lorient ou le centre de maintenance Hop! à Morlaix dans le Finistère.

S. Se avec AFP