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Muriel Pénicaud: "Il y aura à terme des pénalités pour les entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale"

Invitée sur BFM Business, la ministre du Travail a mis en garde les entreprises qui ne prennent pas assez en considération l'égalité professionnelle femmes/hommes.

Les comptes n'y sont pas pour Muriel Pénicaud. Invitée dans Inside sur BFM Business ce jeudi, la ministre du Travail a regretté le fait que 19 entreprises de plus de 1000 salariées obtiennent pour leur l'index de l'égalité femmes-hommes une note inférieure à 75 sur 100, bien qu'elle concède qu'il y a "un vrai progrès".

"Non ce n'est pas gagné. On sait qu'il faut plusieurs années. Mais cela donne de l'espoir parce que dès la première année ça a des effets", concède la Ministre.

Alors que cet index concerne dorénavant toutes les entreprises de plus de 50 salariés, Muriel Pénicaud s'est réjouit du fait que ce sont maintenant 4,5 millions de femmes en France qui "potentiellement, si leur entreprise n'est pas encore égalitaire, peuvent avoir plus de promotions ou des meilleurs salaires demain.

Des progrès pour les augmentations au retour d'un congé maternité

Concernant les augmentations octroyées après un retour de congé maternité, Muriel Pénicaud estime que les avancées sont tangibles.

"Cette année, c'est 9 entreprises sur 10 qui augmentent toutes les femmes à la sortie du congé maternité", a précisé la ministre, quand l'an dernier ce n'était le cas que dans "une entreprise sur trois".

Mais la bataille des plus hautes rémunérations est encore loin d'être gagnée. Dans 50% des grandes entreprises, sur les 10 plus hautes rémunérations, 9 sont attribuées à des hommes a expliqué Muriel Pénicaud. 

"L'index c'est une machine à faire progresser les entreprises", mais "il faut mieux faire. La vraie égalité, c'est 99 ou 100 points. Ça il y en a très peu encore.

Quelles sanctions?

La liste de ces grandes entreprises ayant obtenues une note basse cette année a été publiée par le ministère du Travail. Parmi elles, Derichebourg (62/100), Alsace Croisières CroisiEurope (51), Ufifrance Patrimoine (57), Hager electro SAS Obernai (64), Safran Electronics and Defense cockpit solutions (64), Circet (66), Foncia carrières et compétences (66) et Securitas France (66) sont les plus mal notées. Go Sport obtient, quant à elle, la note de 74/100.

"Il y aura à terme des pénalités. Mais on laisse le temps de faire le rattrapage. Il faut quelques fois deux-trois ans, mais il y aura à terme des pénalités pour les entreprises qui" ne respectent pas l'égalité salariale, avertit la ministre.

Instauré de manière progressive, d'abord aux grandes entreprises puis au plus petites, depuis le 1er mars 2019, l'index de l'égalité femmes-hommes a pour ambition, tel que son nom le suggère, de supprimer les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes au sein des entreprises et s'appuyant sur cinq critères.

Pour rappel: les cinq critères de l'index se fondent sur les écarts de rémunération existants entre les hommes et les femmes, les écarts de répartition des augmentations individuelles, de répartition des promotions, le nombre de salariées augmentées après leur retour de congé maternité et la parité pour ce qui est des plus hautes rémunérations.

JCH