BFM Business

Mort de Margerie: Total devrait poursuivre son virage stratégique

Total a jusqu'à présent fait preuve d'une stratégie constante.

Total a jusqu'à présent fait preuve d'une stratégie constante. - Eric Piermont - AFP

Le décès de Christophe de Margerie survient alors que le pétrolier a revu ses objectifs à la baisse sur les investissements et la production. Le groupe devrait poursuivre sur cette voie malgré la perte de son PDG.

Total en situation d'urgence. Le conseil d'administration de la société va se réunir, ce mardi 21 octobre, après la mort de son PDG, Christophe de Margerie, décédé dans la nuit, dans un accident d'avion.

Sa mort survient alors que l'entreprise amorce un virage stratégique. Le groupe s'était fixé un important objectif de production, de 3 millions de barils équivalent pétrole par jour à l'horizon 2017.

Mais les revers enregistrés sur plusieurs projets, comme l'arrêt du gisement pétrolier géant de Kashagan, au Kazakhstan, l'ont amené à revoir ses ambitions à la baisse, le 22 septembre dernier.

Un important programme de réduction des coûts 

Le groupe a ainsi abaissé son objectif à 2,8 millions de barils d'ici à 2017 et a dévoilé un important programme de réductions de ses coûts opérationnels. Les investissements seront, par exemple, réduits à 26 milliards d'euros pour 2015, contre 28 milliards d'euros en 2013, et des cessions d'actifs sont programmées. 

Total doit ainsi effectuer la "transition d'une phase d'investissement intensif à une phase de croissance", expliquait le directeur financier, Patrick de la Chevardière, lors de l'annonce de ce plan.

Le groupe fait aussi face à l'effondrement des marges dans le raffinage, un problème qui a expliqué la lourde chute (-20%) du bénéfice en 2013, à "seulement" 8,4 milliards d'euros, contre 12 milliards en 2012.

Sur ce dernier point, des nouvelles restructurations dans le raffinage doivent être menées en Europe et en France. Christophe de Margerie avait néanmoins assuré fin août que le groupe ne fermerait pas de sites en France.

Vers une poursuite de la stratégie

Avec le décès de Christophe de Margerie l'entreprise va-t-elle poursuivre cette stratégie? Total s'est en tout cas voulu rassurant. "Le groupe est organisé pour assurer la bonne continuité de sa gouvernance et de ses activités pour faire face à cet événement tragique", a déclaré le secrétaire général du groupe, Jean-Jacques Guilbaud.

"Je n'ai pas d'inquiétude particulière concernant Total", affirme pour sa part Francis Perrin président de Stratégies et Politiques énergétiques, qui publie des revues spécialisées sur le secteur, interviewé sur BFM Business.

"Christophe de Margerie a évidemment joué un rôle, mais il a été entouré de collaborateurs, d'équipes, de directeurs de branches et de région extrêmement compétents", poursuit Francis Perrin. "Il ne faut jamais sous-estimer l'apport d'un homme aux grands orientations d'un groupe. Mais c'est une entreprise solide […] qui a de très grands atouts en terme de constance de stratégie, de solidité financière", conclut l'expert.

Julien Marion avec BFM Business