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Les dirigeants d'Essex toujours séquestrés à Mâcon

LES DIRIGEANTS D?ESSEX TOUJOURS SÉQUESTRÉS À MÂCON

LES DIRIGEANTS D?ESSEX TOUJOURS SÉQUESTRÉS À MÂCON - -

LYON - Des tentatives de négociation ont à nouveau échoué vendredi à l'usine de fabrication de fils de cuivre Essex à Mâcon (Saône-et-Loire) où deux...

LYON (Reuters) - Des tentatives de négociation ont à nouveau échoué vendredi à l'usine de fabrication de fils de cuivre Essex à Mâcon (Saône-et-Loire) où deux dirigeants sont séquestrés depuis deux nuits dans leurs bureaux.

La direction a demandé l'intervention des forces de l'ordre pour déloger les salariés qui occupent le site et retiennent le directeur et le directeur des ressources humaines de l'usine pour exiger des indemnités de départ substantielles.

"Nous venons d'apprendre par notre avocate qu'une assignation d'heure à heure a été déposée par la direction d'Essex auprès du tribunal de Mâcon", dit la CGT dans un communiqué. Une audience devait se tenir vendredi en fin de journée pour décider d'un éventuel recours à la force.

Les 86 salariés d'Essex, qui menacent de jeter dans la Saône du matériel et des bobines de cuivre, ont appris la fermeture du site de Mâcon en octobre dernier.

A la suite de l'intervention jeudi soir d'Arnaud Montebourg, député socialiste de Saône-et-Loire, une médiation sous l'égide du préfet avait été proposée et acceptée dans un premier temps.

Une rencontre devait avoir lieu vendredi après-midi à la préfecture avec Michel Mayoud, PDG d'Essex Europe, mais son principe a finalement été annulé par la direction.

Les syndicats dénoncent également la position du ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, qui a jugé "inacceptable et révoltant" l'attitude des salariés d'Essex.

"Contrairement à ce qu'affirme le ministre, la totalité du personnel est dans l'action et a reconduit à une très large majorité la poursuite du combat", affirme la CGT.

Les syndicalistes de l'usine, qui se disent prêts à organiser une troisième nuit de séquestration, estiment que Christian Estrosi portera, au même titre que les dirigeants d'Essex, "l'entière responsabilité des conséquences de l'exaspération, de la détresse, et de l'amertume des salariés."

Les séquestrations de dirigeants d'entreprises par des salariés, qui menacent parfois de faire sauter des installations, pour obtenir de meilleurs plans sociaux se sont multipliées ces derniers mois en France. Plusieurs accords ont été trouvés après de telles actions, dont le dernier à l'usine Sodimatex de Crépy-en-Valois, dans l'Oise.

Les syndicats d'Essex réclament une révision complète du plan de licenciement et des primes de départ de 120.000 euros par personne. La direction proposerait 30.000 euros pour les salariés ayant plus de cinq ans d'ancienneté.

Christine Lagrange, édité par Gérard Bon