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Les concessionnaires en crise

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Touchés de plein fouet par la crise, les concessionnaires demandent aux constructeurs de faire un effort : vente de voitures neuves, d’occasion ou service après-vente, tous les indicateurs sont dans le rouge. « Pour la première fois en 30 ans, je risque de finir l’année sans gagner d’argent », dit l’un d’eux.

Si les fabricants automobiles ont été les premiers à la ressentir, la crise touche maintenant aussi les concessionnaires. Entre les constructeurs mal en point, et les ménages de moins en moins dépensiers, ils ont cette année une rentabilité négative. En clair : à fin mars, la majorité d’entre eux s’attendaient à une baisse de leur marge dans le véhicule neuf comme d’occasion. C'est le CNPA, le Conseil national des professions de l'automobile, qui a alerté sur la situation en adressant cette semaine un courrier à tous les constructeurs. Dans les crises précédentes, la baisse des ventes des voitures neuves était compensée par celle des voitures de d'occasion. Mais cette fois-ci les voitures d'occasions sont elles aussi touchées avec une baisse des ventes de 5% par rapport à l'an dernier. Autre nouveauté : le secteur de l'après-vente est lui aussi impacté. Le niveau d'activité des concessionnaires baisse et, paradoxalement, ils ont de plus en plus de stocks de voitures qu'ils n'arrivent pas à épuiser.

« Je ne vais peut-être pas gagner d’argent cette année »

Résultat, la situation est parfois très tendue. Claude Fournisse est membre de la direction nationale de la branche concessionnaire du CNPA et gérant de 6 concessions Ford et Seat en Normandie. Le chiffre d'affaire de ses concessions est en baisse de 13 % par rapport à l'an dernier : « Pour la première fois en 30 ans, je ne vais peut-être pas gagner d’argent cette année, ce serait une première. La raison, c’est la baisse des marges sur les voitures neuves, le surstock - on nous a envoyé 30% de plus qu’une situation normale -, mais aussi la baisse de la vente des occasions et de l’après-vente. On a vécu des crises, mais celle-là est la plus grosse jamais vue. » Les concessionnaires demandent donc aux constructeurs de revoir les contrats qui fixent les objectifs de volume ou les primes.

« Il y a une surcapacité de production en Europe »

Olivier Lamirault est président de la branche concessionnaire du CNPA, le Conseil National des professions de l'automobile. Selon lui, c’est aussi aux fabricants de faire un effort : « Il y a une surcapacité de production en Europe. Ils produisent des voitures en nombre important et les refacturent aux concessionnaires de façon à pouvoir dégager pour eux de la trésorerie, mais les concessionnaires n’ont pas forcément des clients à qui vendre. Pour une bonne gestion des stocks, il nous faut en moyenne 2 mois de vente en stock. Actuellement, on en a 4 à 6 mois, ce sont des immobilisations financières importantes, et qui peuvent provoquer des difficultés de paiement. »

« Aucun service ne peut compenser les baisses des ventes »

Ajoutez à ça une baisse de 5% des ventes de voitures d’occasion, et la situation devient critique : « 5% de baisse, ce n’est pas énorme, mais si on la cumule avec la baisse des voitures neuves, c’est plus problématique. Et surtout, ce qui est historique, c’est qu’en plus des marchés du neuf et de l’occasion, le service après-vente est aussi en baisse, et ça c’est récent. Ça veut dire qu’on n’a aucun service qui peut compenser la baisse de la vente des voitures neuves. »

La Rédaction