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Le rôle des patrons ne se limite plus à "vendre des produits ou des services", estime Jean-Marie Dru

Le président de TBWA Worldwide était invité sur BFM Business pour présenter son 7e ouvrage: "Thank you for disrupting". L'occasion pour lui de revenir sur l'impact des grands dirigeants sur la société.

L'important aujourd'hui ce n'est pas tant le fait de "simplement faire de l'argent", mais de se poser la question en amont de "comment vous allez faire cet argent". Pour Jean-Marie Dru, président de TBWA Worldwide, l'un des géants mondiaux de la publicité aux côtés de Publicis et Havas, un certain nombre de dirigeants dépassent le cadre de leur expertise pour tenter, à leur niveau, de faire évoluer la société dans le bon sens.

A l'occasion de la sortie de son nouveau livre "Thank you for disrupting", Jean-Marie Dru était invité de l'émission "12 H, L'heure H" sur BFM Business ce mardi. "Ce que j'ai essayé de faire dans ce livre (…) c'est de parler de grands dirigeants, de grands entrepreneurs qui ont marqué le monde des affaires au-delà simplement de leur propre entreprise. C'est-à-dire qu'ils laissent une trace et d'autres dirigeants s'en inspirent (…) Aujourd'hui beaucoup (…) de chefs d'entreprise pensent que c'est dans leur mission – au-delà simplement de vendre des produits ou des services qui sont à l'intérieur – de contribuer (…) à faire en sorte que le monde dans lequel nous vivons soit meilleur. Le monde a besoin d'être réparé à bien des égards et beaucoup de chefs d'entreprise (…) pensent tous véritablement que ce qui est important c'est vraiment d'avoir un impact sur la société au-delà des activités quotidiennes des entreprises qu'ils dirigent", assure Jean-Marie Dru.

Si bien, poursuit le patron de TBWA Worldwide, qu'un "très grand nombre (de chefs d'entreprise – NDLR)", auraient "une incidence très directe sur la vie quotidienne de nos concitoyens".

La disruption au service de la société

Dans son ouvrage, le président de TBWA Worldwide met par ailleurs en exergue cette philosophie "disruptive" qui caractérise aujourd'hui, selon lui, de plus en plus de grands patrons. Mais il le reconnaît: sa filière s'avère en partie responsable de la société de surconsommation dans laquelle nous vivons. Elle serait même à l'origine de tensions, voire d'un certain sexisme ambiant.

"Oui, bien évidemment, on y a contribué", admet-il. "Je ne suis que le représentant d'un ensemble général qui est l'économie de marché (…) et qui, depuis des années, a créé des besoins qui parfois sont justifiés et qui parfois le sont un petit peu moins. Bien évidemment. Mais ce qui m'intéresse moi, c'est plus la prise de conscience de tous ces dirigeants encore une fois qui pensent que dans le siècle qui est le nôtre le rôle d'un grand patron sera tout à fait différent et – je me répète – sera de contribuer encore une fois à faire en sorte que le monde dans lequel nous vivons soit meilleur, que les employés dans les entreprises soient mieux traités", conclut-il.

JCH