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Le patron de Pfizer défend le prix de vente de son vaccin anti-Covid en Europe

Vaccination au vaccin Pfizer-BioNTech à Rome le 14 avril 2021

Vaccination au vaccin Pfizer-BioNTech à Rome le 14 avril 2021 - Tiziana FABI © 2019 AFP

Albert Bourla, patron de Pfizer a reconnu que son vaccin était vendu plus cher aux pays développés comme les membres de l'UE et les Etats-Unis.

Cher le vaccin de Pfizer et BioNTech ? Pas pour le patron du labo américain qui le juge pas plus coûteux qu'un repas dans un entretien commun aux quotidiens français Les Echos, allemand Handelsblatt, italien Corriere Della Serra et espagnol El Mundo.

"Les vaccins ont un prix inestimable", a assuré Albert Bourla, patron de Pfizer. "Ils sauvent des vies humaines, ils permettent de rouvrir les économies, mais nous les vendons au prix d'un repas", a-t-il insisté.

Le vaccin de Pfizer, développé en commun avec l'allemand BioNTech, est, avec celui de la startup Moderna, celui qui a été acheté le plus cher par la Commission européenne pour la campagne de vaccination actuelle, selon des données révélées voici quelques mois par un membre du gouvernement belge.

Et, alors que Bruxelles négocie près de deux milliards de doses supplémentaires de ce vaccin pour les années à venir, le prix devrait encore monter, selon le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov.

Pris à l'unité, le vaccin "Pfizer coûtait 12 euros, puis est passé à 15 euros (et) les contrats sont désormais signés pour (...) un montant de 19,5 euros", a-t-il déclaré dimanche dans des propos rapportés par le site Euractiv.

"Déçu" par le cours de Bourse

Ces prix contrastent avec le britannique AstraZeneca qui a promis de ne pas faire de bénéfice sur son vaccin le temps de la pandémie et l'a vendu moins de deux euros l'unité à Bruxelles. Les montants cités par Boïko Borissov n'ont pas été confirmés par Albert Bourla, mais il a reconnu que son vaccin était vendu plus cher aux pays développés comme les membres de l'UE et les Etats-Unis.

"Dans les pays à revenu intermédiaire, nous le vendons à la moitié de ce prix", a-t-il détaillé. "Et dans les pays à faible revenu, en Afrique par exemple, nous le distribuons à prix coûtant."

Plusieurs observateurs jugent toutefois improbable que le vaccin Pfizer/BioNTech soit largement distribué dans les pays africains car, au-delà de deux semaines, il doit être conservé à des températures extrêmement basses en raison de sa technologie à ARN messager.

Mais "nous pourrions arriver, dans quelques mois, à une formulation qui nous permettra de conserver le vaccin 4 à 6 mois à une température classique", a annoncé Albert Bourla, se disant par ailleurs "déçu" par le fait que Pfizer n'ait pas davantage bénéficié en Bourse du succès de son vaccin.

AKM avec AFP