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Le moral des entrepreneurs est au plus bas

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Mercredi, Jean-Marc Ayrault s’est rendu à l’université d’été du Medef, une première pour un chef de gouvernement. Malheureusement, sa présence n’a pas rassuré les patrons dont le moral est en baisse. « La réussite n’est pas valorisée », regrettent certains d'entre eux.

Nos patrons français seraient-ils déprimés ? C’est en tout cas ce qui semble ressortir des chiffres de l’Insee. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, le moral des entrepreneurs n'a jamais été aussi bas depuis 2010. Et le discours de Jean-Marc Ayrault à l'Université d'été du Medef mercredi, une première pour un chef de gouvernement, n'a pas rassuré les chefs d’entreprises français. S'ils ont apprécié la visite de courtoisie du Premier ministre, ils attendaient des mesures beaucoup plus concrètes. Tous confient aborder cette rentrée avec énormément d'appréhension.
La présidente du Medef Laurence Parisot a notamment appelé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à aider les entreprises à améliorer leur compétitivité. « Nous vous demandons, monsieur le Premier ministre, d'entendre cette vérité première : nous ne faisons pas semblant d'aller mal », a-t-elle déclaré.

« Je suis très pessimiste »

« Les commandes sont très faibles, limite gelées et c’est toujours difficile de trouver de nouveaux clients, de s’ouvrir à de nouveaux marchés internationaux, explique sur RMC Laurent Maggio qui dirige une PME dans la communication. Il ne sait pas si son entreprise sera toujours là l'an prochain. « Malheureusement, ce que vous êtes obligés de faire en premier c’est de geler les salaires, licencier et prendre votre bâton de pèlerin pour faire le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il n’y a que ça. Je suis très pessimiste ».

« Le chef d’entreprise est fragile et sensible »

Tout aussi angoissé, Gilles Rebibo, directeur d'une moyenne entreprise d'achat d'or aimerait que le gouvernement le rassure : « On est mal aimé. On nous demande de faire des efforts. On en fait tous les jours. Le chef d’entreprise est quelqu’un de fragile et de sensible. Il suffit de peu de chose pour qu’il s’arrête. Et aujourd’hui, la plupart des chefs d’entreprises sont déçus des discours qui sont tenus ».

« Les patrons de PME ne sont pas aidés »

« Il faut redonner espoir et confiance », décrypte Corinne Verrecchia, avocate fiscaliste, membre du Medef Ile-de-France. Selon elle, le discours de Jean-Marc Ayrault a déçu les patrons mercredi : « Les dirigeants de PME se sentent très seuls. Ils sont montrés du doigt. La réussite n’est pas valorisée, ni la fonction de dirigeant. Le chef d’entreprise en a assez de payer pour tous les pots cassés, de devoir tout financer alors que sincèrement, fondamentalement et en pratique, il n’est pas aidé ».

Le titre de l'encadré ici

Mobilisation le 9 octobre|||

« Alarmé » par la situation de la France en cette rentrée, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a annoncé une mobilisation le 9 octobre dans les grandes villes de France pour « la défense de l'industrie et de l'emploi ». Il demande au gouvernement de « trancher » entre les requêtes du Medef et celles des salariés.

La Rédaction avec A.Dubiez