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"Le marché du travail des cadres s'est complètement retourné" prévient l'Apec

Invité sur le plateau de Good Morning Business, le patron de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) constate l'impact de l'épidémie sur les recrutements. Si la dynamique est cassée, les offres resteront néanmoins nombreuses cette année.

L'Apec s'était habituée à des chiffres records. En 2019, les entreprises privées avaient embauché 281.000 cadres (CDI ou CDD d'un an et plus). Et l'année 2020 était repartie sur les mêmes bases. En février dernier, l'Association pour l'emploi des cadres assurait encore que "le dynamisme du marché ne se dément pas. Ce haut niveau devrait perdurer en 2020 avec 297.000 embauches attendues. Malgré une conjoncture incertaine, le cap des 300.000 recrutements de cadres pourrait être franchi à horizon 2021-2022".

Mais c'était avant le Covid-19 et ses dégâts sur l'économie. "Le marché du travail des cadres s'est complètement retourné en quelques mois" explique, ce jeudi, Gilles Gateau, le directeur général de l'Apec, sur le plateau de Good Morning Business. "On pariait sur une année record en 2020 (…) presque 300.000 recrutements étaient attendus cette année. C'était historique et on sera évidemment très en retrait par rapport à ces prévisions."

"Il y a des secteurs qui recrutent"

"On n'est pas revenu, du tout, au niveau du pré-confinement et je pense qu'on mettra beaucoup de temps pour y revenir" poursuit-il. Avant le confinement, 90.000 offres étaient présentées, en moyenne, sur le site internet de l'Apec. "Au mois d'avril, on est descendu à moins de 50.000" et "on est remonté en juin aux alentours de 70.000."

Pour autant, le responsable reste confiant. "L'Apec a déjà été confrontée, dans son histoire à des périodes de marché du travail plus difficiles et donc c'est sa mission d'être là pour les entreprises, pour les cadres, pour les employés" explique-t-il.

"Il y a des secteurs qui recrutent, qui ont des besoins, dans la santé, dans l'action sociale, dans la propreté, dans la logistique… Peut-être qu'il y aura moitié moins de recrutement cette année mais, même si c'est entre 100.000 et 200.000, ce sont entre 100.000 et 200.000 offres qu'il faut saisir. Les entreprises ont besoin de compétences."

Thomas Leroy