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Le Lido ne sera bientôt plus un cabaret: son propriétaire Accor envisage de licencier la quasi-totalité des salariés

INFO BFM BUSINESS. Le groupe hôtelier, qui avait racheté le célèbre cabaret parisien à Sodexo, début décembre envisage d'en finir avec le cabaret pour en faire une simple salle de spectacle et prévoit du même coup de licencier la quasi-totalité des salariés.

Changement de braquet pour Accor. Alors qu'en décembre dernier, lors du rachat du Lido, le groupe hôtelier disait vouloir conserver "l'esprit cabaret", il a décidé de changer de concept. Il veut finalement transformer l'historique cabaret en simple salle de spectacle, sans restauration.

Un projet annoncé ce matin à l'ensemble du personnel et qui se traduira par un licenciement collectif de la quasi-totalité des 184 salariés actuels. Le groupe ne conserverait que quelques techniciens et personnels administratifs. Le Lido compte notamment 22 représentants du personnel ou syndicaux, dont il va être difficile de se séparer.

La direction s'est par ailleurs engagée à garantir les salaires jusqu'au printemps 2023. Pour le reste, les négociations n'ont pas encore débuté. "On va se battre pour limiter la casse", nous dit un haut responsable syndical.

Fin d'une époque

Par ailleurs, et ce n'est sans doute pas un hasard du calendrier, la direction a décidé de mettre fin à l'activité partielle de ses salariés, qui vont tous revenir travailler à partir du 12 mai, et ce alors que l'activité tourne encore au ralenti.

Même s'il n'est pas interdit de licencier en cas d'activité partielle, il y a toujours un risque de devoir rembourser les aides. Selon un récent audit de la Cour des comptes, les cabarets parisiens sont en l'occurrence les tout premiers bénéficiaires des aides publiques accordées au secteur du spectacle pendant la crise sanitaire: près de 700.000 euros pour le Lido.

Quelle que soit l'issue des négociations, le rachat par Accor marque la fin d'une époque pour le Lido. Il faut dire que ces dernières années ont été particulièrement compliquées. Le Lido souffrait depuis longtemps d'une image vieillissante. Il a en plus comme tous les cabarets accumulés les difficultés: attentats, manifestations et surtout Covid. C'est la raison pour laquelle Sodexo, qui avait pourtant beaucoup investi pour tenter de moderniser le Lido, a fini par jeter l'éponge.

Caroline Morisseau