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Le groupe LafargeHolcim enterre Lafarge et devient Holcim

Le groupe est issu de la fusion en 2015 du français Lafarge avec le suisse Holcim.

Le groupe est issu de la fusion en 2015 du français Lafarge avec le suisse Holcim. - Thomas Samson / AFP

Les actionnaires de LafargeHolcim ont voté à la quasi unanimité le changement de nom du groupe et approuvé le transfert de son siègle social situé en Suisse.

Les actionnaires de LafargeHolcim ont entériné ce mardi la simplification du nom du groupe, qui a repris son nom suisse pour redevenir Holcim lors de son assemblée générale. Les actionnaires se sont prononcé à 99,66% en faveur de ce changement, selon le décompte publié par le groupe dans les minutes de l'assemblée générale. Ils ont également validé à 99,62% des voix le transfert du siège social de l'entreprise à Zoug, une ville et canton du même nom au centre de la Suisse.

Le siège historique de la branche suisse du groupe se trouvait jusqu'à présent à Rapperswil-Jona, mais le groupe avait déjà pris ses quartiers à Zoug, où sont domiciliées de nombreuses grandes entreprises en raison de sa fiscalité avantageuse, ce vote officialisant ce transfert. Le conseil d'administration avait proposé de "rafraîchir et simplifier le nom de l'entreprise pour plus d'efficacité et d'impact", avait-il écrit dans les points à l'ordre du jour. "Ce changement de nom ne concerne que la raison sociale de la société", avait-il précisé, expliquant que les différentes marques du groupe "continueront d'exister".

Une fusion controversée

LafargeHolcim est né de la fusion en 2015 du français Lafarge avec le suisse Holcim. Ce rapprochement avait suscité de vives critiques notamment de la part de gros actionnaires tels que le cimentier russe Eurocement, d'abord opposé à la transaction avant de changer son fusil d'épaule, ainsi que des petits porteurs remettant en cause les termes de l'échange et l'endettement élevé de Lafarge. Ils s'inquiétaient également des risques encourus par Lafarge du fait de son exposition aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique.

Après un an de négociations et de compromis, la fusion entre égaux avait finalement été scellée. Mais le groupe avait été secoué deux ans plus tard par un vaste scandale en Syrie autour de la cimenterie de Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d'Alep. La direction avait alors été confiée à l'Allemand Jan Jensich, ex-patron du groupe suisse Sika, qui s'était bâti une solide réputation en Suisse.

Il avait rapidement lancé une grande réorganisation et accéléré le désendettement du groupe. Après une vague de cessions, le groupe a renoué avec les grosses acquisitions en rachetant en mars Firestone Building Products auprès du géant japonais Bridgestone pour 3,4 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros).

P.L. avec AFP