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La guerre des œufs aura-t-elle lieu ?

Si les producteurs bretons n’attendent pas de miracle de cette rencontre, ils réclament des mesures immédiates.

Si les producteurs bretons n’attendent pas de miracle de cette rencontre, ils réclament des mesures immédiates. - -

Une réunion doit se tenir ce mardi après-midi entre le Ministre de l'Agriculture et les producteurs d'œufs, qui demandent des mesures pour enrayer la surproduction et l'effondrement des cours de l’œuf.

La réunion promet d’être tendue ce mardi à Rennes, en Ille-et-Vilaine, après les actions coups de poings de ces derniers jours d’un collectif de producteurs du Finistère et des Côtes d'Armor. La faute à la poule ou à l’œuf ? Aux deux. D’un côté, le marché français est saturé avec des œufs en surnombre que les producteurs bretons détruisent par milliers. De l’autre, un cours qui s’effondre, la grande distribution tirant les prix vers le bas. La situation dure depuis un an.
Le ministre de l'Agriculture, avant même cette réunion, a lancé un appel à la grande distribution. Mais si Stéphane Le Foll a demandé « d'éviter d'accentuer les difficultés » du secteur, pour qu'en septembre « on ne continue pas à mettre la pression sur les prix », il a reconnu qu'il n'avait « aucun moyen autoritaire », pour contraindre les distributeurs, sinon « appeler chacun à sa responsabilité ».

« La grande distribution pourrait devenir la cible du collectif »

Yves-Marie Beaudet, Président de la section œufs de l'UGPVB (Union de groupement des producteurs en Bretagne), jette la pierre sur la grande distribution. Cette dernière souhaiterait acheter 100 œufs 5€, alors que le prix de revient est de 7€.
« La situation n’est pas tenable, parce que la grande distribution a convoqué tous ses fournisseurs d’œufs en septembre pour obtenir des prix encore plus bas. Si elle maintient ces rendez-vous, elle deviendra la cible du collectif » avertit Yves-Marie Beaudet.
Si les producteurs bretons n’attendent pas de miracle de cette rencontre, ils espèrent qu'elle ne sera pas qu'une coquille vide. Pour cela, ils réclament des mesures immédiates, comme la vente du surplus de la production à l'étranger, hors d'Europe, afin de soulager le marché français et faire remonter le prix de l'œuf. Autre demande des producteurs : que la grande distribution cesse sa politique du prix le plus bas.
Thierry Masson, producteur d'œufs dans les Côtes d'Armor et membre du collectif qui a cassé les œufs, imagine une radicalisation du mouvement dans le cas où la réunion ne donnerait rien. Tout est envisageable car tout le monde est tendu. On pourrait doubler les quantités d’œufs que l’on jette et donner des œufs à des associations caritatives » propose-t-il.

Claire Béziau et avec Charlotte Gauthier