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La French Tech résiste à la crise et bat un nouveau record de levées de fonds

Selon le dernier baromètre EY sur le capital risque, 620 start-up ont levé 5,39 milliards d'euros en 2020.

La crise n'a pas entravé les levées de fonds de la French Tech. Pas moins de 5,39 milliards d’euros ont été levés en 2020 par les start-up en France, selon le dernier baromètre EY sur le capital risque. Malgré une baisse en volume – il y a eu 620 levées de fonds, contre 736 en 2019 – les montants levés progressent de 7% sur un an, avec même un bond de 20% au deuxième semestre. Par ailleurs, le montant moyen des levées augmente, et les levées supérieures à 100 millions d’euros accélèrent: elles étaient 9 en 2020, contre 4 l'année précédente.

"Les investisseurs n'ont pas lâché la French Tech", estime Franck Sebag, associé chez EY, qui était invité ce mardi matin de Good Morning Business. "Si on positive, on peut dire que l'écosystème français grandit, qu'il passe d'un état de 'start-up' à celui de 'scale-up', avec une arrivée massive de tours de table supérieurs à 100 millions d'euros. C'est ce qui nous manquait lorsque l'on se comparait au niveau international", avance-t-il sur le plateau de BFM Business.

Voodoo, la pépite parisienne de jeux vidéo sur mobile, occupe la première place du podium avec une levée de fonds de 400 millions d'euros. Suivent Mirakl, qui propose des solutions logicielles à destination des 'marketplaces' avec 256 millions d'euros puis le spécialiste de la production d'insectes, Ynsect, avec 190 millions d'euros. Avec 1,42 milliard d'euros, le secteur des logiciels informatiques est le préféré des investisseurs, juste devant celui des services internet (1,4 milliard d'euros).

Deuxième en Europe derrière le Royaume-Uni

La progression est spectaculaire depuis quelques années: le montant des fonds levés a triplé depuis 2015, où 1,81 milliard d'euros avait été levé. L'Hexagone, qui a démarré plus poussivement que ses voisins européens, rattrape ainsi son retard : la France passe devant l’Allemagne (5,24 milliards d'euros) pour s'installer à la deuxième position, mais reste loin derrière le Royaume-Uni, large leader des levées de fonds avec 12,71 milliards d'euros.

Le Brexit pourrait-il menacer la place du Royaume-Uni? "La City n'a pas complètement réglé toutes les histoires sur le Brexit", note Franck Sebag, qui estime que cela pourrait marquer sa "fin de règne". "Ce sont beaucoup de fintechs qui lèvent de l'argent au Royaume-Uni, et qui sont là pour irradier l'Europe. Demain, nos leaders français comme Lydia ou Qonto pourrait venir contrarier ces éléments-là".
J. Br.