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Zéro émission, un seul pilote: l’avion du futur vu par le patron d'Airbus

Guillaume Faury, patron d'Airbus

Guillaume Faury, patron d'Airbus - Remy Gabalda- AFP

Dans un entretien accordé aux Échos, le patron de l'avionneur européen, Guillaume Faury, estime que la neutralité carbone du transport aérien pourra être atteinte en 2050 grâce à l'intégration de nouvelles technologies à bord des appareils.

À quoi ressemblera l’avion de demain? Dans une interview accordée aux Échos, le patron d’Airbus, Guillaume Faury, donne sa vision de l’avenir du transport aérien. Selon lui, l’appareil du futur sera tout d’abord sans impact sur le climat. "Tout le monde vise le ‘zéro émission’" et "notre industrie commence à voir les routes technologiques possibles pour y parvenir", estime-t-il.

Il reconnait néanmoins que ce nouveau modèle qui "reposera sur une énergie ‘soutenable’ stockée à bord’" impliquera "des investissements très importants sur une longue durée". Et d’ajouter: "Notre objectif est de pouvoir mettre en service au plus tard en 2035 des appareils capables de parvenir à la neutralité carbone du transport aérien en 2050".

Un cadre réglementaire homogène

Pour accélérer le calendrier, le patron d'Airbus appelle les États à créer un "écosystème" en investissant dans des infrastructures "afin de rendre plus accessible l’accès aux énergies nouvelles pour les compagnies aériennes" et en encourageant "l’usage des nouveaux carburants ‘soutenables’".

Il réclame également un "cadre réglementaire" pour l’environnement "qui soit le même" pour tous les acteurs du secteur, à l’image de ce qui se fait en matière de sécurité des vols. Selon lui, "dans une environnement réglementaire clarifié, il faudrait compter quatre à cinq ans de développements technologiques pour amener à maturité les technologies nécessaires" à la décarbonisation du transport aérien.

"Le pire des scénarios seraient des réglementations locales et changeantes, qui casseraient toutes les logiques d’investissements. Et malheureusement, nous sommes encore aujourd’hui dans cette situation", explique-t-il, dénonçant au passage les "taxes sur les vols ou les billets qui ne contribueront pas à accélérer la transition énergétique".

Un seul pilote

Pour Guillaume Faury, le successeur de l’A320 sera un nouvel avion "très décarboné qui embarquerait les technologiques ‘single pilot operation’, les dernières technologies de connectivité, et qui serait produit sur un outil industriel très automatisé". Le patron d'Aribus envisage le lancement d’un tel programme "dans la deuxième partie de la prochaine décennie".

L’intégration des technologies "single pilot operation" sous-entend que l’avion du futur ne nécessitera qu’un seul pilote grâce à "l’amélioration de la sécurité des vols et l’utilisation des automatismes et de la connectivité des avions". "Cela commencera probablement par les vols cargo, avant d’en arriver au transport des passagers" explique le patron d'Airbus. Les premières applications en vol pourraient; selon lui, intervenir "à la fin de la prochaine décennie".

Paul Louis