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Verkor, l’autre partenaire de Renault dans les batteries

Les futures Alpines électriques seront équipées de batteries développées par Verkor.

Les futures Alpines électriques seront équipées de batteries développées par Verkor. - Jean-Christophe Magnenet - AFP

A côté de l’annonce d’une usine du Chinois Envision, Renault noue également ce lundi un partenariat stratégique avec Verkor. Le constructeur français prendra 20% du capital de la start-up grenobloise.

Renault complète sa stratégie dans le véhicule électrique. A côté de l’annonce ce lundi en présence d’Emmanuel Macron d’une usine de batteries à Douai (Nord) installée par le chinois Envision, le constructeur français précise aussi qu’il va prendre 20% de la start-up grenobloise Verkor. De quoi sécuriser l’approvisionnement en batteries d’ici 2024 avec Envision, pour les modèles milieu de gamme (Mégane, R5), et préparer l’avenir d’ici 2030 avec Verkor.

Des batteries hautes performances

Le partenariat avec la start-up grenobloise vise en effet à développer les futures cellules haut performance nécessaires à Renault pour ses modèles haut de gamme et en particulier pour les Alpine. La marque de sportives françaises deviendra 100% électrique d’ici 2024.

Ce partenariat stratégique débutera par "le financement d’un centre de R&D (Verkor Innovation Center) et d’une ligne pilote pour le prototypage et la production de cellules et de modules de batteries en France dès 2022", précise Renault dans un communiqué.

Au-delà du développement d’une nouvelle technologie de cellules, les deux partenaires vont aussi travailler sur une production plus raisonnée des dites cellules, avec un objectif "de réduire de 75% les émissions carbone du process de fabrication de batteries". Le but est également de sécuriser la chaîne logistique de production des batteries, ce partenariat se présente comme "une pierre angulaire dans le déploiement d'une chaîne d'approvisionnement de la batterie, compétitive, souveraine et durable en Europe", précise le directeur général Benoit Lemaignan dans le communiqué de Verkor.

La première gigafactory de Verkor, qui se veut "la Gigafactory la plus digitale d’Europe", sera construite à partir de 2023 et le communiqué de Renault semble laisser la porte ouverte à une production pour d’autres constructeurs. " La capacité initiale atteindra 16 GWh, dont 10 GWh pour Renault Group, avec pour ambition d’atteindre une capacité de 50 GWh d'ici 2030 dont 20 GWh pour Renault Group", explique en effet le communiqué de Renault. La localisation précise de ce nouveau site n’a pas encore été dévoilée.

Une startup créée il y a à peine un an

Ce nouveau partenariat avec Renault installe un peu plus Verkor dans l’écosystème français de la voiture électrique. Fondée en juillet 2020, la start-up est déjà soutenue par Schneider Electric, Capgemini, le groupe IDEC et InnoEnergy, une société fondée par la Commission européenne pour investir dans des sociétés travaillant sur la transition énergétique. Son modèle: Northvolt, la société suédoise partenaire de Volkswagen dans les batteries.

"Compte tenu de la vitesse de développement du marché du véhicule électrique, nous avons pensé que les constructeurs européens auraient besoin de batteries fabriquées localement", explique Benoit Lemaignan, dans le quotidien économique.

"Nous souhaitons bâtir un « Southvolt »", résumait l’an dernier dans Les Echos Philippe Chain, co-fondateur et directeur de la clientèle de Verkor. La société anticipe d’atteindre la centaine de salariés d’ici la fin de l’année, avec des ingénieurs anciens de Renault, de Tesla ou ayant travaillé dans le stockage de l’électricité.

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Cheffe de service BFM Auto