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Vallourec se prépare à l'après-pétrole en misant sur le transport d'hydrogène et de CO2 liquéfié

Sur BFM Business, Philippe Crouzet, patron du spécialiste des tubes pour le transport de pétrole et de gaz détaille les pistes de diversification du groupe même si la fin des énergies fossiles n'est pas pour tout de suite selon lui.

Transition énergétique et écologique, accent sur les énergies renouvelables, épuisement des ressources fossiles: comment Vallourec va-t-il s'adapter à cette nouvelle donne? Sur BFM Business, Philippe Crouzet, président du spécialiste des tubes de transport pour le pétrole et le gaz, explique que le groupe planche déjà sur la suite.

"Non seulement on se pose la question mais on se prépare à la suite", souligne le dirigeant qui nuance néanmoins l'urgence: "c'est un horizon de temps qui est quand même assez lointain pour le pétrole et le gaz. Le jour où la demande en pétrole commencera à baisser, on considère à partir de nos modèles que c'est à partir des années 2030, il faudra continuer à forer très longtemps parce qu'on est en train de sous-investir depuis des années. Même avec une demande qui baisse, l'offre baisse plus vite donc il faudra continuer à forer bien au-delà".

Fluides corrosifs

Ceci étant dit, Vallourec a identifié ses principales pistes de diversification. "Nous avons commencé à explorer d'autres univers, d'autres environnements où on a besoin de tubes pour transporter des fluides corrosifs. Il y en a au moins deux qui aujourd'hui sont très excitants pour nos ingénieurs et nos chercheurs, c'est d'une part l'hydrogène (qui) est une matière qui n'est pas facile à transporter, qui est dangereuse donc les questions d'étanchéité, de résistance à la corrosion sur de longues distances vont être cruciales et ion est en train d'y travailler avec un certain nombre de partenaires"

"Et il y a un autre fluide qui est très très corrosif, c'est le CO2. Une fois qu'on l'a liquéfié, il va bien falloir transporter. Il y a beaucoup de projets (...) qui consisteront à attraper le carbone là où il est produit parce qu'il y a beaucoup d'endroits où on va continuer à générer du CO2 pour ensuite soit le réutiliser soit le ré-enfouir, en tout cas le transporter. Et donc transporter le CO2 sous une forme ou sous une autre, ça nécessite des conducteurs qui vont être des tubes, des tuyaux qui vont être capables de résister à la corrosion", explique Philippe Crouzet.

Mais ce n'est pas tout. Le président cite également "la géothermie qui est en train de décoller, un domaine où on est déjà présent, c'était assez anecdotique jusqu'à présent maintenant ça décolle".

"Tout ceci aujourd'hui, c'est pas des volumes énormes mais l'important c'est de prendre position, de devenir la référence technologique, c'est dans notre ADN, de venir avec des solutions innovantes et progressivement ça occupera sa place et ça se développera dans le chiffre d'affaires de Vallourec", conclut le président.

Olivier Chicheportiche