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Rafale: Hollande préfère rester prudent

L'Inde est en négociations exclusives depuis janvier 2012.

L'Inde est en négociations exclusives depuis janvier 2012. - Franck Pennant - AFP

Les gouvernements français et indiens veulent lever rapidement les blocages, afin de signer, enfin, le contrat. Tout désaccord sera "résolu de manière accélérée", a déclaré le porte-parole du ministère indien de la Défense. Mais François Hollande préfère rester prudent.

Le Rafale va-t-il rapidement trouver un acheteur? François Hollande a annoncé, ce 2 décembre, que du "bon travail" a été engagé. "Il faut être toujours prudent sur ces contrats. Le travail se fait. Et lorsqu'il sera conclu, nous pourrons parler. Jusqu'à présent, le silence est plutôt la bonne méthode".

Un peu plus tôt dans la journée, les gouvernements indien et français ont annoncé qu'ils voulaient lever prochainement les blocages et mener à bien les négociations de vente de 126 avions de chasse Rafale à l'Inde.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rencontré lundi 1er décembre, pour la première fois son nouvel homologue indien Manohar Parrikar pour discuter notamment de ce contrat crucial pour Dassault mais dont la conclusion a plusieurs fois été reportée. "Tous les sujets ont été évoqués, y compris le Rafale. Il a été décidé que tout désaccord serait résolu de manière accélérée", a dit un porte-parole du ministère indien de la Défense à l'AFP.

L'Inde est entrée en négociations exclusives avec Dassault en janvier 2012 pour l'achat de 126 Rafale, dont 18 fabriqués en France puis 108 sous licence en Inde, mais ces discussions ne sont toujours pas conclues. "Les négociations se déroulent bien. Pour un projet de cette taille et de cette complexité, qui implique le transfert de nombreux savoir-faire à des partenaires industriels en Inde, le rythme est comparable à celui d'autres négociations", a déclaré de son côté Jean-Yves Le Drian au quotidien Pioneer.

"Les deux gouvernements partagent la volonté de les conclure et ceci est bien sûr essentiel", a-t-il ajouté. "Plus vite le contrat sera finalisé et signé, plus vite les avions pourront sortir des lignes des sites de production en Inde".

La Grande-Bretagne se tient prête avec son Eurofighter

Le contrat du Rafale estimé à environ 12 milliards de dollars implique un complexe partage de technologies et selon la presse indienne, les discussions achoppent actuellement sur la question des responsabilités (délais, dommages..) pour les appareils produits en Inde. La fabrication des avions sous licence sera pilotée par le groupe public indien Hindustan Aeronautics Limited (HAL). "HAL possèdera la technologie complète et la licence pour fabriquer des appareils supplémentaires qui, en outre, pourraient être exportés", a souligné le ministre français.

Les concurrents du Rafale sont aux aguets en cas d'échec des négociations en Inde, la Grande-Bretagne ayant ainsi récemment indiqué que l'offre de vente de l'Eurofighter était toujours sur la table. L'armée indienne a cependant toujours souligné qu'une telle éventualité était exclue.

Le ministre français a également mis en avant le fait que tous les contrats de défense négociés entre la France et l'Inde "contribueront à développer le programme Make in India dans le secteur de la défense". "Tous les projets actuels et futurs correspondent bien aux objectifs du Make in Inde", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a lancé cette initiative afin d'attirer les investisseurs industriels étrangers pour qu'ils produisent en Inde. L'Inde est le premier importateur mondial d'armes conventionnelles. Le ministre français a aussi vanté les atouts des missiles sol-air (SRSAM) de MBDA, pour lesquels "le contrat est prêt pour la signature depuis mars 2012", a-t-il rappelé. Ces missiles "seront fabriqués entièrement en Inde, de façon autonome" puisqu'ils sont co-développés et produits avec l'indien Bharat Dynamics Ltd (BDL).

D. L. avec AFP