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Pourquoi Total a décidé d'arrêter son vapocraqueur de Carling

Patrick Pouyanné était l'invité de BFM Business ce jeudi 5 septembre

Patrick Pouyanné était l'invité de BFM Business ce jeudi 5 septembre - -

Patrick Pouyanné, directeur général de la branche raffinage et chimie chez Total, a expliqué sur BFMBusiness, ce jeudi 5 septembre, que l'Europe est en surcapacité de matières plastiques.

Le couperet est tombé mercredi 4 septembre. Total va arrêter le vapocraqueur de son site pétrochimique de Carling (Moselle). Patrick Pouyanné, directeur général de la branche raffinage et chimie chez Total, et invité de Good Morning Business sur BFM Business ce jeudi 5 septembre, a justifié cette décision.

Pour bien la comprendre, Patrick Pouyanné a expliqué la situation. "A Carling, nous faisons les premières transformations du pétrole pour produire les matières gazeuses qui sont transformées en plastique. C'est le début de cette chaîne qui pose question, car il y a en Europe de fortes surcapacités. L'Europe est face à des concurrences qui viennent du Moyen-Orient, et qui viendront demain des Etats-Unis. Car en Europe, nous faisons des plastiques à partir de pétrole, alors qu'eux le font à partir du gaz qui est moins cher".

Mais la concurrence n'est pas le seul problème. Tout d'abord, "la demande de plastique en Europe a baissé de 10% en cinq ans". Ensuite, le site de Carling possède deux faiblesse: "ce n'est pas un port donc il est loin des sites d'approvisionnement, et contrairement aux grands sites de pétrochimie en Europe, il n'est pas lié à une raffinerie". Il faut donc faire venir le nafta, qui est la matière première, ce qui engendre des coûts.

166 millions d'investissements

Néanmoins, Total a pris la décision de garder Carling comme un site industriel. En effet, selon Patrick Pouyanné, ce site a des atouts. "L'activité de transformation de gaz en matière plastique est rentable. Seule celle de transformation de pétrole en gaz est lourdement déficitaire".

Donc Total va investir 166 millions d'euros et y développer de nouvelles technologies. Le projet est "d'amener des nouvelles productions sur lesquelles le coût de matières premières n'est pas un problème (seulement 10% de la valeur ajoutée) et donc une nouvelle chimie de pointe où la valeur ajoutée est plus forte". Le groupe va donc supprimer 210 emplois sans licencier.

Diane Lacaze