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Pour réduire les émissions de CO2, Airbus prévoit de modifier radicalement la forme de ses avions

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L'avionneur européen a dévoilé au salon aéronautique de Singapour un modèle réduit d'aile volante. Grâce à ce design, les futurs avions de ligne pourraient consommer jusqu'à 20% de kérosène en moins.

L'avion du futur a les atours d'une navette spatiale, selon Airbus. Son projet baptisé Maveric et présenté lors du salon aéronautique de Singapour ce mardi, arbore une forme atypique d'aile delta pour la première sortie officielle de ce démonstrateur technologique, sorte de prototype destiné à valider la faisabilité d'un concept. La rupture de son design vient de l'absence de fuselage et d'empennage.

Lancé dans le plus grand secret en 2017, il a discrètement effectué son premier vol en juin 2019 dans le ciel de France. D'une longueur de 2 mètres sur 3,2 de large, ce modèle réduit d'un avion de ligne du futur ressemble à un V aplati surmonté de deux empennages sur lesquels sont intégrés les moteurs. La cabine avec les passagers est aménagée à l'intérieur de l'aile (cf photo ci-dessous), sans hublot apparent. L'avionneur la décrit comme modulable offrant une "nouvelle expérience à bord pour les passagers."

Cet aéronef a surtout "le potentiel pour réduire jusqu'à 20% la consommation de carburant par rapport aux avions monocouloirs actuels", comme les A320 ou Boeing 737, affirme Airbus, qui parie sur les qualités aérodynamiques avancées de son prototype.

L'avionneur européen précise qu'il poursuit sa campagne d'essais en vol qui doit se prolonger jusqu'à fin juin 2020. "Bien qu'il n'y ait pas de calendrier spécifique pour une mise en service, ce démonstrateur technologique pourrait contribuer à faire évoluer les architectures des avions commerciaux vers un avenir écologiquement durable pour l'industrie aéronautique", ajoute Jean-Brice Dumont, vice-président d'Airbus chargé de l'ingénierie,

Le secteur du transport aérien représente environ 2% des émissions de dioxyde de carbone (CO2) selon l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), et dépasse, en termes d'émissions par passager au kilomètre, le transport routier ou ferroviaire.

Mis sous pression par des appels au boycott de l'avion, les compagnies aériennes et les constructeurs se sont engagées dans un vaste effort pour diviser par deux en 2050 leurs émissions par rapport à 2005.

Outre les gains que peuvent apporter des matériaux allégés, les biocarburants ou carburants synthétiques, les constructeurs planchent sur plusieurs ruptures technologies potentielles.

Parmi celles-ci figurent la technologie hybride électrique, sur laquelle Airbus travaille avec son démonstrateur E-Fan X. L'Onera, le centre français de recherche aérospatiale, a de son côté mis au point son démonstrateur Dragon qui dispose d'une multitude de moteurs électriques placés sous les ailes et alimentés par des turbogénérateurs fonctionnant au kérosène.

Le motoriste Safran mise pour sa part sur la technologie de l'open rotor, une hélice non carénée au lieu de réacteurs qui permettrait de réduire d'un tiers la consommation de carburant.

Frédéric Bergé