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Pétrole : Chevron met 50 milliards de dollars sur la table pour reprendre Anadarko

Le gisement pourrait produire jusqu'à plus d'un milliard de mètres cubes d'hydrocarbures, dont 359 millions de barils de pétrole, soit 983 000 barils par jour.

Le gisement pourrait produire jusqu'à plus d'un milliard de mètres cubes d'hydrocarbures, dont 359 millions de barils de pétrole, soit 983 000 barils par jour. - -

Il s‘agit d’une des plus grosses opérations de l’histoire du secteur.

Chevron casse sa tirelire. La major pétrolière américaine rachète sa compatriote Anadarko pour la jolie somme de 33 milliards de dollars. En ajoutant la dette de cette dernière (15 milliards de dollars), c’est donc 50 milliards de dollars que Chevron met sur la table. Une transaction qui rappelle celle du rachat en 2015 pour 61 milliards de dollars de BG Group par Royal Dutch Shell. L’opération est d’ailleurs une des plus importantes dans l’histoire du secteur pétrolier.

« La combinaison des actifs de grande qualité d'Anadarko et de notre portefeuille renforce notre position de leader dans le Bassin permien, permet d'étendre nos capacités dans le golfe du Mexique et renforce notre activité dans le gaz naturel liquéfié », s'est félicité Michael Wirth, le PDG de Chevron, dans un communiqué

Cette opération intervient au moment où les prix du pétrole sont en train de rebondir après plusieurs années de forte baisse qui ont entraîné une dégringolade des bénéfices et des investissements des majors pétrolières à travers le monde.

Elle traduit surtout le double pari de Chevron d'investir massivement dans le nouvel eldorado du secteur : la région du bassin permien (ouest du Texas au sud-est du Nouveau Mexique), riche en pétrole et gaz de schiste.

Chevron, qui investit lourdement dans les sites australiens de GNL de Gorgon et Wheatstone, choisit ainsi également de miser sur le gaz naturel devenu une des ressources les plus prisées par les majors au moment où la lutte contre le changement climatique a rendu les énergies fossiles indésirables.

La nouvelle entité devrait rivaliser avec Royal Dutch Shell pour le titre de deuxième groupe pétrolier au monde en termes de production, derrière ExxonMobil. Elle aurait pompé 3,596 millions de barils équivalent pétrole par jour (mbj) en 2018 contre 3,666 mbj pour Shell, selon Chevron.

Ce mariage, qui devrait être finalisé au second semestre, doit encore être approuvé par les autorités de la concurrence, les conseils d'administration des deux entreprises et les actionnaires d'Anadarko. 

La rédaction avec AFP