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Obama a donné le top départ de la ruée vers l'or spatial

Les chercheurs d'or du XXIème siècle (ici celui du film Toy Story 2) iront certainement piocher sur les astéroïdes.

Les chercheurs d'or du XXIème siècle (ici celui du film Toy Story 2) iront certainement piocher sur les astéroïdes. - Disney/BFM Business

Le Président américain a autorisé l'exploitation minière par les Américains des astéroïdes et de la lune. Libérés de tout risque juridique, les pionniers de cette nouvelle conquête spatiale vont pouvoir envoyer leurs vaisseaux spatiaux et leurs robots pour mettre la main sur des gisements prometteurs.

L'humanité est à l'aube d'une prochaine ruée vers l'or. Mais ce n'est pas le grand ouest américain qui fait rêver les orpailleurs modernes, c'est l'espace. Et plus précisément les astéroïdes qui croisent aux environs de la Terre. Barack Obama vient en effet de promulguer le "Space act", une loi qui stipule que tout matériau trouvé par un citoyen américain ou une entreprise américaine sur un astéroïde ou sur la Lune lui appartiendra. Les États-Unis rompent ici avec l'idée que l'espace appartient à tous et qu’il doit être exploré à des fins scientifiques et dans l'intérêt de tous.

Ce "Space act" est une première mondiale qui devrait donc transformer l'espace en terrain de jeu commercial. Les entreprises et les investisseurs se frottent déjà les mains. Les stars de la Silicon Valley lorgnent déjà depuis un petit moment du côté des étoiles. Jeff Bezos (Amazon) et Elon Musk (Tesla) ne cachent pas leurs ambitions en la matière. Mais ils ne sont pas les seuls.

Planetary Ressources, une discrète société américaine qui compte Larry Page, Eric Schmidt (Google) et James Cameron parmi ses actionnaires développe déjà des satellites d'exploration minière des astéroïdes. De même que Deep Space Industries qui prévoit de lever 3 millions de dollars en février prochain et dont le patron n'a pas manqué de remercier le président américain pour sa loi.

Des gisements supérieurs à la production terrestre

Baptisés DragonFly, les engins spatiaux de cette société américaine pourraient dès 2018 rapporter sur Terre des échantillons de minerai stellaire afin de les analyser. La Nasa a identifié 1.500 astéroïdes facilement accessibles, dont 10% pourraient être riches en ressources minières. Du nickel, du minerai de fer, mais aussi de l’or et du platine à usage industriel. 

Et ces gisements seraient colossaux. Selon les estimations de la Nasa, un petit astéroïde de 1 km de diamètre pourrait contenir jusqu'à 2 milliards de tonnes de minerai de fer ou de nickel, soit plus que la production mondiale terrestre sur une année (1,6 milliard de tonnes en 2010). Une richesse d'autant plus prometteuse que les réserves sur Terre ne sont pas illimitées.

Selon certaines prévisions, il ne resterait que 78 ans de réserves mondiales de minerai de fer (au rythme d'exploitation actuel). Les experts estiment en tout cas que les richesses qu'on peut trouver sur la Lune ou les astéroïdes seraient aussi importantes pour les activités spatiales du XXIème siècle que l'ont été les gisements de fer du Minnesota pour l'industrie automobile aux États-Unis au siècle dernier.

Des points d'eau disponibles dans l'espace ?

L'eau potentiellement contenue sous forme de glace dans les astéroïdes est également dans le viseur des pionniers de cette nouvelle conquête spatiale. L'hydrogène qu'on peut en tirer permettrait d'alimenter en carburant des engins spatiaux sans qu'ils aient besoin de revenir sur Terre. Sans compter qu'aujourd'hui l'envoi d'eau depuis la Terre vers l'espace coûte une fortune (100 millions de dollars par an pour 2 tonnes d'eau envoyées). Pour peu qu'elle soit techniquement possible, son extraction à proximité des stations orbitales habitées par des hommes pourrait se révéler extrêmement rentable. 

Le président américain a en tout cas conscience de l'immense enjeu économique. "L'Amérique se dote du même cadre légal qui a permis de créer les grandes économies de Histoire", a-t-il déclaré à l'occasion de la promulgation du "Space Act".

Les cours des métaux devront être élevés

Comme pour le pétrole, c'est le cours des métaux qui décidera les sociétés à lancer dans de tels investissements. Plus ils seront élevés, plus les coûts d'extraction spatiale seront rentables. Quoi qu'il en soit les premières missions de prospection devrait commencer en 2017. Elles devraient durer deux ans. Objectif: confirmer les informations actuellement disponibles. Les premières extractions pourraient débuter au début des années 2020.

Les pionniers de cette ruée vers l’or continuent par ailleurs à faire du lobbying auprès des gouvernements étrangers susceptibles de leur mettre des bâtons dans les roues pour qu’ils deviennent leurs clients. L’idée c’est qu'ils fassent comme Obama et qu’il adoptent des lois similaires au "Space Act".

La vidéo de Deep space Industries sur l'exploitation minière spatiale

Frédéric Bianchi et Pierre Kupferman