BFM Business
Industries

Nanosatellites: aidée par l'Etat et le Cnes, Hemeria va affronter les géants américains du "new space"

L'industriel français spécialisé dans les systèmes spatiaux et de défense a été sélectionné dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir pour le développement d’une plateforme nanosatellite multimission.

L'industriel français spécialisé dans les systèmes spatiaux et de défense a été sélectionné dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir pour le développement d’une plateforme nanosatellite multimission. - Hemeria

Avec le soutien de l'Etat et l'appui du Cnes, la société toulousaine se lance dans le développement d’une plateforme smallsat générique multimissions pour le civile, la défense et la science.

La mission confiée à Hemeria par l'Etat et le Centre national d'études spatiales (Cnes) est crucial. Cette entreprise toulousaine de 250 salariés est chargée de créer une alternative française aux nanosatellites américains de Google ou SpaceX. Elle vient d'être retenue pour le Programme d'investissements d'avenir (PIA). D'ici à 2024, elle devra créer la plateforme de nanosatellites HP-EOS pour des missions civiles, militaires ou scientifiques. Pour cela, elle dispose d'un financement de 11 millions d'euros, dont la moitié est financé par l'Etat.

Hemeria ne part pas de zéro, loin de là. Spécialisée dans l'internet des objets (iOT), elle a mis au point Angels, le premier nanosatellite industriel français pour le programme Kineis une constellation pour l'Internet des objets. Elle n'est pas non plus novice dans l'industrie de la défense. Elle conçoit des équipements embarqués, comme Hyperion, dans des sous-marins ou des avions impliqués dans la dissuasion océanique et aéroportée.

"Avec cette nouvelle plateforme, HP-EOS, nous répondons au besoin de nos partenaires institutionnels en terme de performance, mais également à nos clients commerciaux. Deux projets sont déjà en route, l’un France et l’autre à l’export", indique Grégory Pradels, directeur des ventes, stratégie et marketing d'Hemeria dans un communiqué.

Affronter Amazon et SpaceX

Le HP-EOS devra être polyvalent pour couvrir des missions d'ordres très différents allant de l'observation de la terre, les télécoms, l'internet spatial, la couverture radar, le renseignement militaire ou des programmes scientifiques pour le Cnes qui mettra ses technologies à la disposition d'Hemeria. Ce nanosatellite de 50 kg sera mis en orbite à une altitude de 450 à 650 km de la terre.

Le marché des nanosatellites est en pleine essor. Selon une étude d'Euroconsult dévoilée par Les Echos, les lancements passeront de 3000 entre 2012 et 2020 à près de 14.000 d'ici à 2030. La moitié d'entre eux sont ceux des constellations de SpaceX (Starlink) et Amazon (Kuiper).

Avec cette explosion, les prix actuellement élevés doivent encore baisse pour capter de nouveaux marchés et de nouveaux clients.

"Le marché reste compliqué en valeur car les petits satellites doivent coûter peu cher. OneWeb a baissé le prix jusqu'à 1 million de dollars par satellite", indique aux Echos Maxime Puteaux, consultant chez Euroconsult.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco