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Mistral: le PDG de DCNS confiant quant à la livraison à la Russie

Hervé Guillou veut élargir l'offre de produits de DCNS, notamment pour répondre à la demande des pays émergents.e

Hervé Guillou veut élargir l'offre de produits de DCNS, notamment pour répondre à la demande des pays émergents.e - -

Hervé Guillou, à la tête du groupe français de construction naval, a expliqué ce lundi 28 juillet sur BFM Business, que malgré la crise politique autour de Moscou, les "contrats industriels s’exécutent normalement". Il estime prématuré d'envisager des options sur la non-livraison du second porte-hélicoptère.

Invité de BFM Business ce 28 juillet, Hervé Guillou, PDG de DCNS, a voulu prendre de la distance vis à vis de la crise politique avec Moscou, au coeur de laquelle s'est invitée la livraison du Mistral.

"Les choses politiques évoluent à leur rythme, les contrats industriels s’exécutent normalement, conformément aux engagements. Le premier bateau est en fin de construction, le premier bateau en est à peu près à la moitié. Et comme tout industriel normal, nous nous occupons déjà de satisfaire notre client et d'exécuter le contrat", a expliqué le PDG du groupe français de construction naval.

François Hollande a affirmé il y a une semaine que le premier navire Mistral du contrat franco-russe, le "Vladivostok", serait livré comme prévu en octobre, mais alors que Paris est sous la pression des Etats-Unis et de certains de ses partenaires européens, il a conditionné la livraison d'un second navire, le "Sébastopol", à un changement d'attitude de Moscou.

"Pour l’instant on ne passe pas notre énergie à étudier beaucoup d’options. Pour l’instant il s’agit de livrer le premier bateau et de livrer le deuxième. Ces choses-là évoluent tellement vite que cela ne sert à rien d’étudier trop d’options, cela est prématuré", a tenu à temporiser Hervé Guillou.

Communiquer entre gouvernements

Quant à savoir si cette seconde livraison pourrait au final desservir DCNS en lui coupant l'accès à de nouveaux marchés d'exports, là aussi, le PDG s'est montré optimiste.

"Je fais totalement confiance au gouvernement pour communiquer auprès des différentes partenaires potentiels sur les raisons pour lesquelles on a, ou on pas livré, ces bateaux. C’est vraiment une histoire de communication de gouvernement à gouvernement", a-t-il plaidé. Et de rappeler que l'Etat a toujours été un partenaire très présent autour des industries de défense française. Il est d'ailleurs actionnaire à hauteur de 64% de DCNS.

"Dans un marché militaire avec des bâtiments mis en service dans la marine française, c’est là que l’on a le plus de chances. Mais cela ne veut pas dire que l’on n’a pas d’autres produits qui sont spécifiques à l’export. Et c’est là une de mes priorités de renforcer l’offre de produits avec des gammes adaptées aussi aux pays émergents." a expliqué Hervé Guillou.

"Il faut transformer DCNS de société de programmes en société apte à vendre toute une gamme de produits" a-t-il conclu.

C.C.