BFM Business

Malgré le Brexit, Eurostar prévoit de battre en 2019 son record de passagers

La compagnie transmanche Eurostar s'achemine cette année vers un nouveau record de fréquentation malgré les turpitudes du Brexit.

La compagnie transmanche Eurostar s'achemine cette année vers un nouveau record de fréquentation malgré les turpitudes du Brexit. - Sander Koning-ANP-AFP

La compagnie ferroviaire transmanche s'achemine cette année vers un nouveau record de fréquentation malgré les turpitudes du Brexit. Eurostar avait transporté 11 millions de passagers en 2018. Le prochain chantier sera celui sa fusion avec Thalys, qui doit se faire début 2021.

"Nous allons bien" a estimé Mike Cooper, directeur général d'Eurostar, à l'occasion des 25 ans de cette filiale de la SNCF, lancée en 1994. "En nombre de passagers, nous devrions être en hausse par rapport à l'année précédente" a-t-il ajouté. En 2018, Eurostar avait battu son record de fréquentation, grâce à de bonnes ventes en fin d'année, totalisant 11 millions de passagers transportés.

L'année qui se termine a été marquée par des incertitudes sur la date du Brexit, par "10 semaines dures" de grève du zèle des douaniers à la Gare du Nord à Paris, et "un été plutôt mou", déplore-t-il.

Le Brexit, désormais annoncé à la fin janvier 2020, n'inquiète plus vraiment Mike Cooper. Eurostar était prête pour la date butoir initiale du 31 mars, et le trafic devrait continuer à croître avec ou sans Brexit, dit-il.

Des Eurostar Amsterdam-Rotterdam-Londres "dans les six mois"

"48% des Britanniques ont voté pour rester (dans l'Union européenne), et ce sont des gens qui veulent faire l'expérience de cultures étrangères. Ce sont des gens qui savent qu'ils doivent faire des affaires à Paris ou à Bruxelles ou à Amsterdam (...). Ces marchés vont perdurer, et se développer", estime-t-il.

La compagnie mise beaucoup sur la liaison Londres-Rotterdam-Amsterdam, qui n'est actuellement assurée que dans ce sens -il faut changer de train à Bruxelles en revenant des Pays-Bas, faute d'accord sur les contrôles d'identité et de sécurité. Mike Cooper pense qu'il pourra lancer des Amsterdam-Rotterdam-Londres "dans les six mois". Son but est de gagner une part de marché pour le train "de 30 ou 40%" sur cette relation, contre "8 à 9%" actuellement.

La liaison Londres-Bordeaux, jugée non-prioritaire

Quant à une liaison Londres-Bordeaux -dont la faisabilité est actuellement étudiée par les différents gestionnaires d'infrastructures-, il la juge "possible, mais pas nécessaire en ce moment".

Le prochain chantier auquel la compagnie ferroviaire transmanche fera face sera la fusion à venir avec Thalys, une autre filiale de la SNCF qui assure les liaisons à grande vitesse entre Paris, le Benelux et le nord-ouest de l'Allemagne. "Nous sommes plus gros que Thalys, mais ce serait une fusion entre égaux", explique Mike Cooper. La fusion devrait se faire "au début de 2021", en fonction du feu vert de la Commission européenne, selon le directeur général d'Eurostar.

Ni le siège de la future entité -Eurostar est actuellement basée à Londres et Thalys à Bruxelles-, ni la marque qui serait choisie au final n'ont encore été décidés. "Nous en sommes encore au début", note-t-il.

F.B avec AFP