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Made in France: bientôt une usine de tee-shirt près de Lille pour les magasins Brice, Jules et Pimkie?

Le groupe Happychic, maison mère des trois marques de mode masculine du groupe Mulliez, a programmé en 2018 la suppression de 466 postes dans les deux ans et la fermeture de 88 magasins.

Le groupe Happychic, maison mère des trois marques de mode masculine du groupe Mulliez, a programmé en 2018 la suppression de 466 postes dans les deux ans et la fermeture de 88 magasins. - Denis Charlet-AFP

L'entité mode-habillement du groupe nordiste Mulliez (Jules, Brice, Pimkie,...) étudie la production d'ici fin 2020 de tee-shirt dans une usine robotisée à créer près de Lille. En relocalisant la production de ces articles, le distributeur veut réduire son empreinte carbone. Il est en quête de partenaires pour mener à bien ce projet.

La relocalisation dans l'Hexagone de la fabrication de vêtements intéresse un puissant groupe de distribution français. L'entité Fashion3 ("Fashion cube") regroupant les enseignes de mode du groupe Mulliez (Jules, Brice, Bizzbee, Pimkie, Rouge Gorge, Grain de Malice, Orsay) envisage de produire des articles de textile près de Lille, le berceau du groupe nordiste.

Selon un document auquel a eu accès le site spécialisé Fashion Network, cette usine robotisée, qui reste à construire d'ici la fin 2020, se consacrera à la production d'un seul type d'article dont la confection est facile à automatiser, le tee-shirt. L'objectif consisterait à fabriquer 3,7 millions de pièces par an à horizon 2023 avec la vocation de servir l'ensemble du pôle textile-habillement de l'association familiale Mulliez.

Produire au plus près des zones de chalandise

Ce projet de relocalisation industrielle s'inscrit dans la volonté de la direction des enseignes de mode et d'habillement du groupe nordiste, de réduire son empreinte environnementale. En produisant des articles "made in France" proche des zones de chalandise, le distributeur pense à réduire la surproduction en produisant au plus près des consommateurs et les coûts de transport induit par la sous-traitance de la confection confiée à l'étranger.

Le groupe Mulliez prévient cependant que ce projet "nécessite le soutien de partenaires industriels et d’élus locaux. Fashion3 ne pourra le mener seul. C’est pourquoi il recherche activement ces partenaires qui permettront à ce projet innovant de voir le jour dans les meilleurs délais. Le calendrier vise une mise en œuvre fin 2020, début 2021".

Cette volonté de relocalisation industrielle s'inscrit dans le cadre d'un pôle mode qui a subi une lourde restructuration en 2018. Au sein de l’entité Happychic, la fusion des deux enseignes de mode masculine Jules et Brice a occasionné la suppression de 466 emplois dans le cadre d'un PSE.

Frédéric Bergé