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Louis Gallois: "l'euro fort peut étouffer la petite reprise"

Pour Louis Gallois, l'industrie française amorce une éclaircie.

Pour Louis Gallois, l'industrie française amorce une éclaircie. - -

Le Commissaire général à l'investissement et ex-patron d'EADS a tiré le bilan de l'industrie française, un an après la remise de son rapport et du lancement du pacte de compétitivité qui y a fait suite. Si le secteur amorce son redressement, il reste fragile.

Dans sa croisade contre l'euro fort, Arnaud Montebourg peut compter sur un allié de poids: l'ex-patron d'EADS et de la SNCF, et désormais commissaire général à l'investissement, Louis Gallois. Dans une interview aux Echos de ce mardi 5 novembre, ce dernier affirme que l'euro fort "est un vrai problème pour nos industriels".

"L'euro situé autour de 1,35-1,40 dollar [quasiment son niveau actuel, ndlr], peut étouffer la petite reprise à laquelle nous assistons", poursuit-il. "Certains pays ont joué ou accepté la baisse de leur monnaie: le Japon, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, certains émergents; pouvons-nous accepter d'en être les victimes sans broncher?", a-t-il fait mine de s'interroger.

"L'industrie a touché la fond de la piscine"

Pour autant, Louis Gallois ne dresse pas un état des lieux alarmiste. "Mon sentiment est que l'industrie a touché le fond de la piscine et que, pour une partie d'entre elle, l'horizon s'éclaircit", assure-t-il. Il cite notamment une récente étude du COE-Rexecode qui montre que la France ne perd plus de marché à l'export. "C'est un élément déjà important".

Un an après son lancement, Louis Gallois rappelle que le crédit d'impôt compétitivité et emploi "n'est pas exactement le dispositif que j'avais proposé" mais il "permet de réduire de presque de moitié l'écart de compétitivité créé par rapport à l'Allemagne sur le front du coût du travail dans la décennie 2000".

L'Espagne "pas un modèle"

Il reconnaît "qu'en matière d'attractivité, il y a encore des marges de progrès" et regrette que "l'ensemble des actions engagées depuis un an a malheureusement été partiellement occulté par les débats fiscaux".

Mais il appelle les chefs d'entreprise "à reconnaître a minima ce qu'il se passe". "La pression fiscale sur les entreprises va diminuer en 2014. Je regrette que ce message ne soit pas suffisamment porté auprès [d'eux]", a-t-il ajouté.

Enfin, alors que l'Espagne est officiellement sortie de récession le 30 octobre dernier, Louis Gallois juge que le pays "n'est pas pour moi un exemple à suivre", rappelant que "l'Espagne actuellement s'appauvrit; un jeune sur deux est au chômage et une partie de sa matière grise s'expatrie".

J.M.