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Le sidérurgiste français Ascometal proche du dépôt de bilan

Le groupe sidérurgique français Ascometal, en grandes difficultés financières, devrait déposer son bilan en début de semaine prochaine, en vue de son placement en redressement judiciaire.

Le groupe sidérurgique français Ascometal, en grandes difficultés financières, devrait déposer son bilan en début de semaine prochaine, en vue de son placement en redressement judiciaire. - Jean-Christophe Verhaegen-AFP

La direction du groupe industriel français, qui emploie 1500 salariés, en quête d'un repreneur, a "prévu de déposer le bilan en début de semaine", prévient Le Figaro. Le groupe fut en redressement judiciaire en 2014.

Ascometal, en grandes difficultés financières, va-t-il devenir un nouveau dossier "chaud" pour le gouvernement sur le front de l'emploi? Le groupe sidérurgique français devrait déposer son bilan en début de semaine prochaine, en vue de son placement en redressement judiciaire, ont indiqué samedi des sources concordantes, confirmant une information du Figaro.

Le fabricant d'aciers spéciaux (pour la mécanique, l'automobile, l'industrie des hydrocarbures) qui emploie près de 1.550 salariés, devrait "se déclarer en cessation de paiement dans les prochains jours" auprès du tribunal de grande instance de Strasbourg, a déclaré à l'AFP Cyril Brand, élu CFDT de l'entreprise qui possède des sites sidérurgiques à Hagondange (Moselle), Dunkerque (Nord) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône)

Selon le responsable syndical, cette procédure judiciaire, synonyme d'un dépôt de bilan, pourrait être engagée dès lundi prochain 20 novembre. Ascometal devrait être placée dans la foulée en redressement judiciaire, l'objectif étant de trouver "un repreneur sérieux" pour l'entreprise, a-t-il ajouté.

Le groupe a vu son chiffre d'affaires reculer en 2016

Selon une source proche du dossier, cette nouvelle a été annoncée par la direction vendredi en comité central d'entreprise (CCE). "Il y a encore des discussions" avec les partenaires, notamment "sur le calendrier", a toutefois précisé cette source.

Selon Le Figaro, le groupe a réalisé en 2016, 377 millions d'euros de chiffre d'affaires contre encore 500 millions d'euros en 2015, selon le site du groupe.

Ascometal est détenu par un consortium d'investisseurs majoritairement français. Contacté par l'AFP, le ministère de l'Economie a assuré "suivre le dossier de près". "On travaille avec l'entreprise pour trouver un repreneur", a ajouté Bercy.

Ascometal a été placé en redressement judiciaire en 2014

Cette ancienne filiale d'Usinor avait déjà été placée en redressement judiciaire en mars 2014, avant d'être reprise en mai 2014 par Frank Supplisson, associé à des investisseurs français et européens, sous la houlette du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Cette reprise n'a toutefois pas permis à l'entreprise - qui compte parmi ses clients Renault, Bosch, Fiat, Toyota, BMW ou la SNCF - de rebondir. "Cela fait trois ans qu'on se contente de survivre", a souligné Cyril Brand. "On est très inquiet. Il faut qu'on trouve un repreneur sérieux et qu'on sorte de cette situation". Le groupe a changé de patron fin 2016 avec la nomination d'Alex Nick à la place de Frank Supplisson. M. Nick était auparavant directeur des produits longs d'ArcelorMittal North.

La solution de reprise de 2014 sous l'égide de Montebourg a été critiquée

Selon Le Figaro, le groupe a réalisé en 2016, 377 millions d'euros de chiffre d'affaires contre encore 500 millions d'euros en 2015, selon le site du groupe.

Lors d'une interview en octobre 2017, l'actuel ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait évoqué la fragilité financière du groupe, critiquant les choix effectués en 2014 sous l'égide d'Arnaud Montebourg. "Il y avait une proposition d'achat par des investisseurs étrangers solides".

Le ministre fait ici notamment allusion à la proposition de rachat d'un industriel brésilien, retoqué au nom du patriotisme économique. Mais il "a préféré bâtir de bric et de broc une solution franco-française qui est tombée quelques années plus tard" et "qui menace désormais les salariés", avait-il dénoncé.

F.Bergé avec AFP