BFM Business

Le fabricant français du Dafalgan passe sous pavillon japonais

Le laboratoire japonais Taisho Pharmaceutical a fait une offre de rachat d'Upsa, spécialisé dans les médicaments sans ordonnance, pour 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros),

Le laboratoire japonais Taisho Pharmaceutical a fait une offre de rachat d'Upsa, spécialisé dans les médicaments sans ordonnance, pour 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros), - Georges Gobet-AFP

Premier employeur privé du Lot-et-Garonne, le laboratoire Upsa est cédé à la firme japonaise Taisho Pharmaceutical pour 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros) par son actuel propriétaire, l'Américain Bristol-Myers Squibb.

Mis en vente, le laboratoire Upsa, fondé à Agen en 1935, va être cédé à Taisho Pharmaceutical, industriel nippon spécialiste de l’auto-médication. La transaction a été conclue sur la base d'1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros). L'actuel propriétaire, le géant américain de la pharmacie Bristol-Myers Squibb (BMS), doit encore signer un accord définitif pour que le rachat puisse être finalisé "au cours du premier semestre 2019", sous réserve de l'obtention des autorisations réglementaires.

UPSA emploie plus de 1300 salariés à Agen

Upsa est un laboratoire spécialiste des médicaments effervescents sans ordonnances traitant la douleur ou les fièvres, dont les plus connus sont le Dafalgan et l'Efferalgan. Upsa compte 1300 salariés sur son site industriel à Agen (Lot-et-Garonne) ce qui en fait le premier employeur privé de ce département du Sud-ouest. S'ajoutent 250 salariés sur son siège social à Rueil-Malmaison (Haus-de-Seine), près de Paris.

De son côté, le laboratoire japonais est lui aussi spécialisé dans des produits de santé grand public, notamment des médicaments antidouleur (analgésique anti-inflammatoire) ou encore des produits anti-chute de cheveux. Essentiellement actif au Japon et en Asie du Sud-Est, Taisho (280,1 milliards de yens de chiffre d'affaires sur son exercice 2017-2018, soit 2,18 milliards d'euros) est totalement absent du marché européen pour l'heure. Le rachat d'Upsa (425 millions d'euros de ventes en 2017) lui permettrait ainsi d'étendre considérablement son empreinte géographique vers l'Europe et l'Afrique.

Upsa n'était plus dans le coeur de métier de BMS 

Propriétaire d'Upsa depuis 1994, BMS avait lancé en juin une "revue stratégique" sur cette filiale spécialisée dans les médicaments grand public alors qu'il met l'accent ces dernières années sur des médicaments de prescription à plus haute valeur ajoutée dans le traitement du cancer, notamment. L'activité d'Upsa, centrée sur la médication familiale, ne faisait plus partie du coeur de métier du groupe.

Les noms de plusieurs candidats à la reprise avaient filtré dans les médias ces derniers mois: le génériqueur allemand Stada, le groupe italien Angelini, les fonds d'investissement PAI Partners et CVC Partners notamment. Avant que Taisho ne s'impose dans la dernière ligne droite, en offrant un prix sensiblement supérieur à la valorisation d'Upsa sur le marché.

Frédéric Bergé avec AFP