BFM Business

Lafarge ne participera pas à la construction du mur de Trump

Aucune entreprise n'a contacté le cimentier franco-suisse pour participer à la construction du mur anti-clandestins voulu par le président américain à la frontière mexicaine.

Lafarge-Holcim va finalement se raviser. Le cimentier franco-suisse ne participera pas à la construction controversée du mur anti-clandestins promis par Donald Trump. Interrogé par BFM Business, un proche du groupe explique qu'"aucune entreprise de construction n'a contacté Lafarge pour participer au projet et de son côté, Lafarge n'a contacté aucune entreprise". 

Il y a deux semaines, Lafarge n'avait pourtant voulu fermer aucune porte. "Nous sommes prêts à fournir nos matériaux de construction pour tous types de projets d’infrastructures aux États-Unis", avait déclaré le PDG du groupe, Eric Olsen. Avant d’ajouter: "Nous sommes ici (aux États-Unis) pour servir nos clients et répondre à leurs besoins. Nous ne sommes pas une organisation politique".

"Cette entreprise a déjà fait parler d'elle"

Ce positionnement avait suscité la polémique, conduisant François Hollande à réagir publiquement en appelant le groupe "à se montrer prudent avant de se porter candidat". Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, était lui aussi monté au créneau en invitant Lafarge à "bien réfléchir" avant de se présenter "parce qu’il y a d’autres clients dans le monde qui vont regarder cela avec une certaine stupéfaction".

Le chef de la diplomatie avait également rappelé que "cette entreprise [avait] déjà fait parler d’elle il y a peu de temps puisqu’elle a été accusée d’avoir financé (le groupe État Islamique) pour pouvoir continuer des activités en Syrie".

En début de semaine le PDG de Vinci, Xavier Huillard avait déclaré sur BFM Business "préférer rester à l'écart de ce mur". Auparavant, CEMEX, le géant mexicain du ciment qui faisait figure de favori ainsi que l'irlandais CRH bien implanté aux États-Unis annonçaient qu'ils ne participeraient pas non plus à l'édification du mur.

Jean-Baptiste Huet