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La menace d’une pénurie de carburant ne s'éloigne pas

"Malgré les efforts du gouvernement pour mettre fin aux blocages, de nombreuses stations-service se retrouvent à sec et doivent fermer. Tandis que les principales raffineries pourraient stopper leurs activités pendant plusieurs jours."

Le calme affiché par le gouvernement lorsqu’il s’agit d’évoquer une possible pénurie de carburant tranche avec l’inquiétude des usagers. Car dans plusieurs départements, on ne compte plus les fermetures de stations-service en raison du blocage, dans l'ouest et le nord de la France, de raffineries ou de dépôts de carburants par des manifestants opposés à la loi Travail.

Au Havre, vendredi matin, il fallait ainsi tourner pendant une heure pour trouver une station encore ouverte. Tandis qu'à Rennes, en fin de journée, les files d'attente s'allongeaient aux pompes à essence encore ouvertes. Deux exemples loin d'être isolés.

Mesures de rationnement

Conséquence: les pouvoirs publics ont décidé vendredi de prendre des mesures de rationnement dans certains départements. Les préfectures d'Ille-et-Vilaine, des Côtes-d'Armor, du Finistère, de l'Orne, de Loire-Atlantique, de Vendée, de Mayenne ou encore de l'Eure ont pris vendredi des arrêtés limitant à 20 ou 30 litres le volume maximal de carburant pour les véhicules, et à 40 ou 150 litres pour les poids lourds.

Plusieurs préfectures ont en outre interdit le stockage de carburant dans des bidons, comme en Seine-Maritime, dans le Calvados, mais aussi dans le Nord, la Somme et le Pas-de-Calais. Certaines stations ont également été réquisitionnées pour alimenter en carburant les services d'urgence.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, certains en ont d’ailleurs profité pour faire d’une pierre deux coups :

Déblocage par la force

Dans le même temps, les autorités ont entrepris de débloquer certains sites, parfois avec l’aide des forces de l’ordre. C’est le cas du dépôt de carburant situé à Vern-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine) ou de celui du port de Lorient (Morbihan), tous deux bloqués depuis le milieu de semaine.

Près de Rouen, les autorités ont aussi débloqué le dépôt du terminal Rubis du Grand-Quevilly et, sur quatre dépôts qui étaient bloqués dans le Nord, il n'en restait plus qu'un seul bloqué vendredi soir, selon les préfectures. "Sur les huit lieux de stockage de pétrole (qui étaient bloqués en France, ndlr), six sites ont été libérés soit par la négociation, soit par l'intervention des forces de l'ordre. Parce que les services publics doivent fonctionner (...) la vie économique doit se poursuivre", s’est ainsi félicité le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, vendredi soir sur TF1.

Les raffineries à l'arrêt

Mais dans le même temps, la situation s'est crispée dans les raffineries. Dans la région du Havre, les syndicats de la raffinerie Total de Gonfreville-l'Orcher ont voté vendredi l'arrêt des installations et entamé leur procédure d'arrêt, qui va durer plusieurs jours, selon les syndicats.

Il en est de même pour la raffinerie Total de Feyzin, près de Lyon, et celle de Donges (Loire-Atlantique), selon cette même source.

La 3e raffinerie de France, celle d'Exxon Mobil, à Notre-Dame-de-Gravenchon, est également bloquée depuis jeudi et va le rester, selon les syndicats. De quoi alimenter (un peu plus) la crainte des automobilistes.

Y.D. avec AFP