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La France s'offre la possibilité de se doter d'un nouveau porte-avions

Le futur porte-avions de nouvelle génération devrait rester en service jusqu'en 2080.

Le futur porte-avions de nouvelle génération devrait rester en service jusqu'en 2080. - Bertrand Langlois-AFP

Appelé à succéder au Charles-de-Gaulle, qui cessera d'être exploité en 2040, ce futur porte-avion pourrait commencer à être utilisé avant cette date.

"Le Charles-de-Gaulle aura besoin d'un successeur", a déclaré Florence Parly. "C'est pourquoi je suis très fière, aujourd'hui, ici, au Bourget, lors de ce salon d'Euronaval, de lancer officiellement le programme de renouvellement de notre porte-avions. Cette étape numéro un qui se lance aujourd'hui, c'est la phase d'étude", a précisé la ministre des Armées. 

D'un montant de 40 millions d'euros, la phase d'études qui s'achèvera en 2020, doit permettre d'établir l'architecture du futur porte-avions, et de poser les bases de l'organisation industrielle nécessaire pour le bâtir dans les délais et les coûts.

Cette phase d'étude servira à examiner les menaces que le futur porte-avions devra affronter et les missions qu'il devra accomplir, mais aussi à déterminer ses caractéristiques et notamment sa capacité d'accueillir l'avion de combat du futur, le Scaf, lancé en coopération avec l'Allemagne en 2017.

Propulsion nucléaire ou conventionnelle ?

La phase devra étudier son mode de propulsion, nucléaire ou classique, et les nouvelles technologies qu'il sera capable d'accueillir, notamment les catapultes électromagnétiques, déjà utilisés par la marine des États-Unis. Enfin, cette période d'études permettra de sélectionner les innovations à installer à bord du futur bâtiment.

Le Charles-de-Gaulle, engagé sur plusieurs théâtres d'opérations, de l'Afghanistan à la Libye en passant par les frappes contre le groupe Etat islamique, a vocation à terminer sa vie active autour de 2040. Le navire-amiral de la marine française subit depuis début 2017 à Toulon une vaste rénovation, longue de 18 mois, qui doit lui donner une seconde vie pour les 20 prochaines années.

Ce porte-avions de nouvelle génération devrait rester en service jusqu'en 2080. Selon le mode de propulsion choisi, il pourrait commencer à être utilisé avant le retrait du Charles-de-Gaulle.

Un coût estimé entre 5 et 7 milliards d'euros

Un navire à propulsion conventionnelle pourrait être prêt trois ans avant un bâtiment à propulsion nucléaire, fait-on valoir à l'Hôtel de Brienne. Et si cette dernière est plus chère d'environ 15 à 20%, elle permet d'avoir un navire en permanence à la mer en dehors des grandes rénovations, tous les dix ans. Car l'immobilisation depuis 2017 du Charles-de-Gaulle, qui prive le chef de l'Etat de cet outil de souveraineté nationale, a relancé le débat sur l'opportunité pour la France de disposer d'un second porte-avions.

Le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Christophe Prazuck, défend cette "ambition" de disposer de deux bâtiments, qui permettrait d'assurer une permanence à la mer. Il fait notamment valoir qu'avant 1997, la marine disposait du "Foch" et du "Clémenceau". Les coûts fixes liés à la construction d'un premier porte-avions ne s'appliqueraient pas à un second bâtiment, reconnaît-on au ministère des Armées. Reste le coût, entre 5 et 7 milliards d'euros selon les architectures, estiment les experts.

F.Bergé avec AFP