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L'État va payer la dépollution de l'abattoir normand AIM

L'État va payer la dépollution du site AIM

L'État va payer la dépollution du site AIM - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Le site a fermé début juillet après avoir été repris par les salariés en 2015. Si le dernier exploitant est censé le dépolluer, une procédure permet à l'État de financer l'opération.

L'État va payer la dépollution de l'abattoir AIM de Saint-Cécile (Manche), qui a fermé début juillet après avoir été repris par les salariés en 2015, a-t-on appris mardi auprès de la préfecture.

"Notre but est de sécuriser le site et de préserver le plus d'actifs possibles pour qu'ils aillent vers les salariés", sous forme d'indemnités, au lieu d'être "grignotés" par le financement de la dépollution, a expliqué à l'AFP le secrétaire général de la préfecture de la Manche, Fabrice Rosay.

Légalement il revient au dernier exploitant de dépolluer le site mais il existe une procédure qui permet à l'État de financer cette opération, évaluée à environ 130.000 euros, poursuit Fabrice Rosay. "Il y a une urgence, c'est l'ammoniac, même si ce n'est pas un danger grave et immédiat. Nous sommes en train de trouver une entreprise qui puisse le faire entre aujourd'hui et courant septembre", a précisé Fabrice Rosay.

300 euros par mois

Face à la perte de leur emploi, il est difficile de dire que les 235 salariés licenciés sont satisfaits mais "au moins nos revendications ont été entendues et prises en compte", a réagi Sébastien Lafon, représentant des salariés et ex-président de la société.

Cette décision fait suite à une manifestation lundi soir de 180 salariés devant la préfecture, selon Sébastien Lafon. Selon la préfecture, ils étaient une centaine. Une délégation avait été reçue par le préfet. L'État a aussi promis aux salariés 300 euros par mois (soit le maximum légal) pendant 24 mois d'allocation temporaire dégressive, prévue pour tous les salariés qui se retrouvent licenciés, selon la préfecture et Sébastien Lafon. Les salariés devraient connaître d'ici à la fin août le montant de leurs indemnités, a précisé Sébastien Lafon. Selon lui, 18% ne savent ni lire ni écrire.

Le tribunal de commerce de Rouen a prononcé le 4 juillet la liquidation d'AIM. La société était détenue depuis 2015 à 66% par une SAS composée de salariés et à 34% par la SEM Imagine (45% département de la Manche, 45% région Normandie et 10% Caisse des dépôts et consignations).

P.L avec AFP