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Futur avion de combat européen: jour J pour la signature du contrat 

Les ministres de la Défense français et allemand vont finalement signer un contrat de 150 millions d'euros, mettant un terme à un feuilleton politico-industriel.

Après des mois de rivalités politico-industrielles franco-allemandes, les ministres de la Défense des deux pays signent jeudi à Paris un contrat de 150 millions d'euros devant conduire en 2026 à un premier prototype du futur avion de combat européen.

"C'est le contrat qui nous amène sur la route d'un démonstrateur en vol en 2026" du SCAF, le Système de combat aérien futur, résume-t-on au cabinet de Florence Parly, la ministre française des Armées. Un démonstrateur est une sorte de pré-prototype destiné à valider la faisabilité d'un concept.

Le ministre française et son homologue Annegret Kramp-Karrenbauer doivent signer jeudi matin un accord gouvernemental entérinant le lancement de cette phase du projet, dite "phase 1A", prévue pour durer 18 mois.

"Strictement à moitié-moitié"

Le contrat de notification aux industriels sera également paraphé par le maître d'oeuvre, le délégué général à l'armement (DGA) Jöel Barre.

Enfin, une lettre d'intention sera également signée entre les deux pays et l'Espagne prévoyant l'intégration dans les mois à venir de Madrid, qui a rejoint plus tardivement le projet SCAF, dans les études de recherches et technologies.

A l'origine prévue lors du salon du Bourget en juin 2019, la signature ce contrat, financé "strictement à moitié-moitié" entre les deux pays, a buté sur des tensions entre industriels des deux pays et surtout des craintes côté allemand que l'Allemagne soit perdante dans ce partenariat dont la France a été désignée cheffe de file.

Réticences

Le déblocage a été permis la semaine passée par le vote des crédits par le Bundestag, qui ne voulait "pas détériorer les relations franco-allemandes", selon un député.

Mais les parlementaires ont exprimé des réticences et exigé de l'exécutif allemand qu'il s'assure dans la longueur que les intérêts du pays ne sont pas bradés, notamment que le projet de futur char franco-allemand (MGCS), dont Berlin est leader, suive un développement parallèle à celui du SCAF.