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"Fukushima pèse encore sur le marché du nucléaire"

Luc Ourcel était l'invité de BFM Business ce 14 octobre.

Luc Ourcel était l'invité de BFM Business ce 14 octobre. - BFM Business

Luc Ourcel, président du directoire d'Areva, était l'invité de BFM Business ce 14 octobre, à l'occasion du salon de l'industrie du nucléaire. Et pour lui, l'industrie nucléaire est encore extrêmement tributaire des centrales japonaises.

"Une des grosses incertitudes du marché du nucléaire, c'est tout simplement le fait que les centrales japonaises n'ont pas encore redémarré". Luc Oursel, président du directoire d'Areva, était l'invité de BFM Business mardi matin, à l'occasion du salon de l'industrie du nucléaire, qui se tient jusqu'au 16 octobre au Bourget.

Selon lui, une relance de l'industrie nucléaire est conditionnée au "redémarrage des centrales nucléaires au Japon". "Cela pèse sur les cours de l'uranium naturel; ça pèse sur les cours de l'enrichissement", analyse-t-il, en ajoutant que "tous les impacts de Fukushima ne sont pas encore derrière nous".

L'ensemble des 48 réacteurs japonais sont à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima le 11 mars 2011, après un puissant tremblement de terre suivi d'un gigantesque raz-de-marée. "Le signal que nous avons, c'est qu'il y un gouvernement qui souhaite que le nucléaire redémarre parce que, sans nucléaire, l'économie du Japon souffre", affirme Luc Oursel.

Construction au Royaume-Uni d'un EPR

L'espoir d'une réouverture, même partielle, du parc nucléaire japonais est au centre de toutes les préoccupations de la filière. "Aujourd'hui, il y a deux centrales pour lesquelles l'autorité de sureté a donné un avis favorable (de réouverture). Il reste maintenant la décision politique", précise le dirigeant d'Areva.

Interrogé sur le marché européen, Luc Oursel s'est félicité de l'accord donné par la Commission de Bruxelles au projet de construction au Royaume-Uni d'une centrale nucléaire EPR de nouvelle génération par EDF. "C'est un gros signal", estime-t-il.

L'Allemagne, qui a elle décidé de renoncer au nucléaire, a vu "les prix de l'électricité augmenter et les émissions de CO2 augmenter" et craint "que la phase de transition soit très très longue". En revanche, "beaucoup de pays pétroliers expriment leur intérêt pour construire des centrales nucléaire", conclut le dirigeant français.

D. L.