BFM Business

Fin de partie de plus en plus probable pour l'A380 d'Airbus

Emirates devait sauver l'Airbus A380 avec sa commande de 36 exemplaires. Mais la compagnie du Golfe envisagerait finalement de revenir sur son choix initial pour acheter des A350. Ce qui signerait la mort du gros porteur d'Airbus.

Les heures de l'A380 sont-elles comptées? Le gros porteur d'Airbus qui ne doit sa survie depuis quelques années qu'aux commandes d'Emirates pourrait cette fois pourrait cette fois ne pas passer l'année. Il y a tout juste un an, la compagnie du Golfe avait signé avec l'avionneur européen un contrat portant sur la livraison de 36 nouveaux A380 (20 commandes fermes et 16 options). Sauf que selon les informations des agences Reuters et Bloomberg, Emirates aurait changé d'avis.

Elle aurait demandé à Airbus de réduire au moins une partie de sa commande ferme de superjumbo pour la remplacer par des A350 plus petits, indiquent à Bloomberg des sources proches du dossier.

Dans un communiqué, Airbus “confirme être en discussions avec Emirates au sujet du contrat A380”, ajoutant que le contenu des négociations était confidentiel. Si l'information venait à être confirmée, ce serait probablement la fin du programme A380. La commande qui devait rapporter 16 milliards de dollars (14 milliards d’euros) à l'avionneur assurait à elle seule le maintien du programme.

Un coup de bluff d'Airbus

Selon Reuters, Airbus envisagerait différentes options pour fermer la ligne de production du gros porteur. Tom Enders, le patron d'Airbus, qui doit achever son mandat en avril pour prendre une décision d'ici là.

Lancé en 2008, l'Airbus A380, le seul avion capable d'embarquer plus de 600 passagers, s'est avéré être le plus cuisant échec du groupe aéronautique européen avec à peine 234 appareils livrés. Alors qu'en 2007 Airbus estimait que le marché des gros porteurs devait atteindre les 1300 appareils dans le monde d'ici à 2037.

L'Airbus A380 est-il vraiment condamnée ou s'agit-il d'un coup de bluff de la part du constructeur? Airbus menace depuis longtemps d'arrêter le programme A380 mais ne l'a toujours pas fait. Alors que la compagnie britannique British Airways a fait part de son intérêt pour l'avion, l'avionneur européen veut-il mettre la pression sur la compagnie pour qu'elle passe commande? 

Le patron d'IAG (le groupe dont fait partie British Airways) ne ferme pas la porte à l'A380 mais exige qu'Airbus baisse le prix de son superjumbo. "Nous sommes ravis d'avoir cet avion. Il fonctionne extrêmement bien (...) j'ai été très clair avec Airbus: s'ils veulent vendre l'avion, il va falloir que le prix soit très serré", a indiqué Willie Walsh, à l'occasion du 20e anniversaire de l'alliance de compagnies aériennes Oneworld à Londres. IAG pourrait envisager d'acheter des A380 supplémentaires si le prix était correct, a-t-il ajouté. Dans le catalogue 2018, le prix "officiel" de l'A380 est de 445,6 millions de dollars.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco