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Électronique: Altis placé en redressement judiciaire

Devant les locaux d'Altis, lors d'une grève en 2009. Le site employait alors trois fois plus de personnes.

Devant les locaux d'Altis, lors d'une grève en 2009. Le site employait alors trois fois plus de personnes. - AFP - Bernard Gaudin

Le fabricant de semi-conducteurs basé à Corbeil Essonne, en région parisienne, espère un rachat par son concurrent allemand X-Fab. Cela permettrait de sauver le millier d'emplois du site.

Les 1.000 salariés encore employés par Altis s’apprêtent à vivre une nouvelle étape délicate: en difficultés depuis plusieurs années, le fabricant de semi-conducteurs vient d’être placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris. Les semi-conducteurs ont des propriétés de conductibilité électrique intermédiaires entre celle des métaux et celle des isolants. Ils servent de matière première à la production de composants comme les diodes, transistors ou les circuits intégrés.

Les représentants syndicaux d'Altis espèrent que cette étape judiciaire permettra de retrouver un repreneur et d’ainsi garantir le maintien d’une partie au moins des emplois.

"Le tribunal de commerce a placé l'entreprise en redressement judiciaire, désormais nous changeons de case et allons avoir un administrateur dès demain, il va y avoir un vrai appel d'offres auquel pourront participer les candidats intéressés à la reprise", s'est réjoui auprès de l'AFP le délégué CFE-CGC d’Altis, Jean-Paul Baeyaert.

"X-Fab va maintenir son offre" de rachat

Parmi les repreneurs potentiels, figure le concurrent allemand X-Fab, qui était déjà en négociations pour le rachat de l'entreprise française. Il a déposé une offre de rachat le 8 juin dernier.

"Nous savons que X-Fab va maintenir son offre, nous avons eu l'occasion de nous entretenir avec son PDG. Les deux entreprises sont complémentaires, nous n'adressons pas les mêmes marchés", a précisé Jean-Paul Baeyaert.

Le repreneur allemand prévoirait de reprendre l'ensemble des salariés et d'investir dans le site pour le développer. "Nous allons passer par une phase délicate mais nous souhaitons qu'elle soit la plus courte possible", a conclu le syndicaliste. 

Des offres chinoises évoquées 

En marge d'une visite dans l'usine Bosch d'Onet-le-Château (Aveyron), le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a assuré suivre de près le dossier. "Nous avons regardé toutes les solutions possibles. Il y a des offres chinoises que je vois arriver et que nous allons regarder. Mais il y a une offre allemande très sérieuse. Qui garantit l'emploi en France et renforce l'investissement", a assuré le ministre.

"Nous veillerons à ce que le dossier de reprise préserve les emplois et la capacité à investir car Altis est un des acteurs essentiels du secteur des semi-conducteurs français", a-t-il ajouté.

Créé à la suite du désengagement des groupes IBM et Infineon du site de Corbeil-Essonnes en 2010, le site, racheté par l'ancien Commissaire à la diversité Yazid Sabeg, avec le soutien de l'industriel Serge Dassault et Qatari Diar, filiale du fonds souverain de l'émirat du Qatar, Altis n'a jamais réussi à trouver sa place sur un marché très concurrentiel.

A.R. avec AFP