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EDF annonce un nouveau retard de l'EPR de Flamanville (et un vol de cadenas)

L'énergéticien a indiqué ce jeudi un report de la mise en service de l'EPR de Flamanville à 2019, et par conséquence de la fermeture de Fessenheim. Un peu plus tôt, EDF avait confirmé un mystérieux vol de cadenas sur le site.

EDF a annoncé jeudi un possible nouveau retard de "quelques mois" du démarrage de l'EPR de Flamanville, attendu jusqu'ici fin 2018, à la suite des "écarts de qualité" détectés en avril sur des soudures de la tuyauterie de la future centrale nucléaire.

Dans cette hypothèse, l'électricien précise dans un communiqué qu'il pourrait "poursuivre l'exploitation des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim jusqu'à l'été 2019", puisqu'elle doit fermer au démarrage de Flamanville.

Le secrétaire d'Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu a dit jeudi prendre "acte" du fait qu'EDF "se prépare à poursuivre l'exploitation de Fessenheim". "La fermeture de Fessenheim est actée, irréversible et c'est désormais à EDF de préciser le calendrier et de communiquer en toute transparence", a indiqué Sébastien Lecornu.

Des retards, des défauts, une explosion et un vol de cadenas

Les problèmes s'enchaînent sur l'EPR de Flamanville. Outre ses retards successifs, une explosion, les défauts de conformité, EDF a confirmé ce jeudi matin avoir porté plainte pour le vol de 150 cadenas posés sur des armoires contenant les matériels informatiques des systèmes de pilotage du réacteur EPR en construction.

"Compte tenu de la sensibilité des équipements et de la nature de l'acte de malveillance, on a porté plainte", début mai, a déclaré Bertrand Michoud, directeur des aménagements de ce chantier lors d'une commission locale d'information (CLI) aux Pieux, une commune proche de Flamanville. Une enquête a été ouverte par le parquet de Cherbourg, selon EDF.

Les scellés existants à l'intérieur de ces armoires "sont restés intègres. C'est quelque chose d'a priori rassurant mais on a néanmoins lancé la vérification de l'intégrité des bases du contrôle-commande. Ça va prendre plusieurs semaines", a ajouté Bertrand Michoud. Le contrôle-commande est constitué de l'ensemble des systèmes qui permettent de piloter une installation nucléaire. Le volume de données à vérifier "est vraiment colossal", a précisé Bertrand Michoud.

N.G.