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Des ferries "autonomes" testent des traversées sans capitaine à la barre

Le ferry Falco a utilisé des technologies de Rolls-Royce Ship pour naviguer de manière autonome dans l'archipel finlandais, au sud de de la ville de Turku.

Le ferry Falco a utilisé des technologies de Rolls-Royce Ship pour naviguer de manière autonome dans l'archipel finlandais, au sud de de la ville de Turku. - Rolls-Royce

Un ferry norvégien a fait une traversée complète grâce à un système automatisé de navigation, sans intervention humaine. En Finlande, un ferry équipé par Rolls-Royce a fait un trajet aller entre les deux îles d'un archipel en mode 100% autonome, son retour étant piloté à distance.

Des bateaux sans capitaine à la barre sortent désormais en mer et sont capables d'accoster tout seul à leur port de destination. En Scandinavie, coup sur coup, deux ferries ont effectué avec succès des traversées complètes sans intervention humaine, prouvant l'avancée des technologies de pilotage automatisé de navire "autonome" en milieu maritime "ouvert" .

En Finlande, l'industriel britannique Rolls-Royce s'est associé à l’entreprise publique finlandaise Finferries pour faire naviguer un ferry en mode 100% autonome dans l’archipel situé au sud de la ville de Turku. Le Falco, un navire de 54 mètres reliant deux îles distantes de quelques kilomètres, a accueilli à son bord, début décembre, 80 invités VIP venus assister à cette traversée sans intervention humaine.

La traversée est supervisée à distance par un opérateur

Rolls-Royce a fourni la technologie grâce à laquelle le navire détecte des objets flottants, pour éviter d'éventuelles collisions. Le ferry a également réussi l’accostage automatique à quai, réalisé sans intervention de l'équipage présent à bord. Cette fonction permet au navire d'ajuster automatiquement sa vitesse à l'abord du quai et d'effectuer un amarrage automatique.

Le Falco a été doté de capteurs avancés "lui permettant de construire une image détaillée de son environnement, en temps réel et avec un niveau de précision supérieur à celui de l'œil humain", prétend l'industriel britannique.

Toutes les opérations de navigation ont été supervisées à distance par un capitaine présent dans un centre de contrôle situé dans la ville de Turku, à 50 km de distance de l'archipel où a eu lieu ce "baptême". Cet intervenant humain pouvait prendre le contrôle du navire si nécessaire. C'est d'ailleurs ce qui fut fait pour le trajet du retour, le Falco ayant effectué sa traversée en étant piloté à distance depuis le centre de contrôle.

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- © Le ferry Folgefonn de la compagnie norvégienne Norled a utilisé un système de navigation autonome, incluant l'accostage automatique dans les trois ports qu'il dessert sur sa ligne.

Toujours en Scandinavie, c'est un ferry norvégien, le Folgefonn, long de 85 mètres qui a navigué sans capitaine à la barre, accostant successivement dans les trois ports qu'il dessert habituellement.

Cette navigation "en mode autonome" a été utilisée de manière ininterrompue de quai à quai, manoeuvres d'accostage, d'entrée et sortie dans les ports, incluses. Appartenant à la compagnie locale Norled, il a été équipé par la société finlandaise de technologies Wärtsilä de systèmes de navigation automatique et "intelligente". Un "contrôleur" basé sur le système de positionnement dynamique de cette firme finnoise, contrôle la vitesse du navire, sa position sur la voie prédéfinie et son cap.

L'accostage à quai se fait automatiquement

Une fois que l'opérateur a choisi la destination du navire, "il a suffi de sélectionner la fonction "sail" (naviguer en français), qui autorise le système de pilotage automatique embarqué à prendre le contrôle du navire. Le ferry a alors été capable de quitter le quai, de sortir du port, de rejoindre son port de destination et d'accoster sans personne à la barre" explique la société technologique finlandaise.

Selon un responsable projet de l'autorité norvégienne maritime qui a supervisé ce test (NMA), "il n'y a pas de doute qu'une telle technologie peut éventuellement améliorer la sécurité et globalement l'efficacité des opérations des navires dans le port et en mer. Des développements sont encore nécessaires, mais le système apparaît d'ores et déjà comme très stable."

Frédéric Bergé