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Commerce de détail: il n'y a "pas assez" de reprises d'entreprises, maintient Joël Mauvigney (CGAD)

Invité sur le plateau de Good Morning Business ce jeudi 26 septembre, le président de CGAD et de la CNCT a souhaité revenir sur l'importance d'orienter au mieux, le plus tôt possible, les jeunes vers des métiers qui leur correspondent.

A lui seul, il représente aujourd'hui près d'un tiers des apprentis en France. Il, c'est le "commerce de détail" qui incarne le maillon final de la chaîne de distribution. Il réunit en son sein quantité de métiers comme ceux de boulangers, des charcutiers, ou encore de chocolatiers. Des métiers "passions" que le chômage n'atteint pas. C'est même tout l'inverse. La filière peine à trouver assez de talents pour répondre à ses besoins. Et cela, Joël Mauvigney, Meilleur Ouvrier de France, président de la Confédération Générale de l'Alimentation en Détail (CGAD) et de la Confédération Nationale des Charcutiers-Traiteurs (CNCT), en sait quelque chose.

Avec pas moins de 390 000 d'entreprises, 1,2 millions d'actifs, 112 milliards d'euros de chiffre d'affaires, la filière du commerce de détail ne connait pas la crise. Ce, bien que ses ventes n'aient pas été aussi marquées en 2018 qu'en 2017, selon l'Insee. Pour autant, le secteur accueille aujourd'hui pas moins de 150 000 jeunes. Soit 1/3 des apprentis en France.

De la voie de garage à celle de la réussite

"Il y a une recrudescence de la mentalité pour la formation des apprentis. Il y a tout un tas de jeunes qui aujourd'hui prennent cette voie, une voie de réussite, une voie d'excellence, considérée comme une seconde voie, une voie de garage aussi. Les mentalités sont en train de changer", assureJoël Mauvigney. Mais le patron de la CGAD et de la CNCT le sait. Tout n'est pas gagner pour autant.

"Maintenant, il y a un autre combat", pointe-t-il. " Ça va être de faire passer le message aussi aux parents. Et l'Education Nationale doit nous aider dans ce sens-là parce qu'il y a un métier, parce qu'il n'y a pas de chômage chez nous. Malheureusement, vous le savez, on manque de main-d'œuvre qualifiée. Et on a besoin bien entendu de former. Parce qu'après derrière aussi, il y a la reprise d'entreprise. On en a pas assez. Il y a énormément de chefs d'entreprise qui, dans les cinq dix ans, vont partir. 40% vont partir à la retraite", rappelle Joël Mauvigney.

La bonne nouvelle tient au fait que l'apprentissage concerne également les jeunes âgés de plus de 25 ans. Le recrutement d'apprentis de plus de 25 ans a ainsi progressé de plus de 51% ces dernières années. "On a des jeunes en reconversion performants. Et en même temps, ils ont un objectif: c'est la création d'entreprise ou la reprise", précise le président de la CGAD et de la CNCT. Un esprit entrepreneurial salué par ce dernier.

Julie Cohen-Heurton