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Christophe de Margerie: ses citations les plus marquantes

Le président de Total, connu pour son franc-parler, a trouvé la mort dans un accident d'avion, ce mardi.

Le président de Total, connu pour son franc-parler, a trouvé la mort dans un accident d'avion, ce mardi. - Eric Piermont - AFP

L'Europe décrite comme un "pays émergent", Total qui "rêve de payer plus d'impôts": le président de Total, décédé mardi dans un accident d'avion, était aussi connu pour ses phrases choc.

Christophe de Margerie, le PDG de Total décédé ce mardi dans l'écrasement de son jet à Moscou, était un dirigeant atypique, connu pour son humour et son franc-parler. Entre son arrivée à la tête de Total en 2007 et son décès, ses piques et ses prises de position auront marqué la vie publique française.

> Total "rêve de payer plus d'impôts en France"

Non, Christophe de Margerie n'encourageait pas l'Etat à augmenter l'impôt sur les sociétés, en déclarant qu'il rêvait de payer plus d'impôts dans l'Hexagone, devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Le dirigeant se défendait au contraire de tout montage fiscal: si Total ne paye pas énormément d'impôts en France, c'est que le groupe ne fait pas énormément de bénéfices dans le pays. Le "rêve" de Margerie était donc de rendre l'activité de Total rentable dans son pays d'origine.

> Contre Pierre Gattaz, pour l'ISF

Moins d'ambiguïté, en revanche, en ce qui concerne l'impôt sur la fortune. En août 2013, alors que Pierre Gattaz réclamait la suppression de l'ISF, Christophe de Margerie s'était emporté contre le patron des patrons à l'université d'été du Medef: "Allez, Pierre, je vais te critiquer un peu en public. Non l'ISF ne peut pas être supprimé, tu le sais bien", avait-il déclaré.

"En ce moment toute phrase devient extraordinairement émotionnelle. Et toute chose est prise éventuellement à l'envers et à ce moment-là on va" croire "que la priorité des priorités des patrons c'est de supprimer l'ISF. Non, notre priorité c'est de contribuer à la richesse de l'économie française", avait-il ajouté.

> "Le profit, c'est la première responsabilité d'un patron"

Cet objectif, il l'avait explicité cet été: "Le profit, c'est la première responsabilité d'un patron, d'un chef d'entreprise. Parce que si jamais j'envoie Total au tapis, tout le monde va pleurer", avait-il déclaré au Journal du net, lors des rencontres économiques d'Aix, en juillet 2014. 

> Le litre d'essence à 2 euros... Dès avril 2011

Alors que le pétrole est le cœur de métier de Total, Christophe de Margerie prédisait la hausse du prix de l'essence au-dessus de deux euros dès avril 2011, ce qui lui avait valu de se brouiller avec Nicolas Sarkozy.

> "Le 'peak oil' n'est plus d'actualité"

Autre déclaration choc sur l'or noir: selon le patron de Total, le "peak oil", ce moment où la production de pétrole allait atteindre des sommets avant de décliner, "n'était plus d'actualité". Dans un entretien au Monde datant de juillet 2013, il estimait ainsi que les réserves de pétrole étaient suffisantes pour cent ans, et pour 130 ans pour le gaz.

> Gaz de schiste: la France doit "regarder à nouveau les choses"

Parmi les alternatives au pétrole, le gaz de schiste a toujours intéressé Christophe de Margerie. Alors que Total va exploiter des gisements en Grande-Bretagne, son patron encourageait le gouvernement français à se pencher à nouveau sur le sujet en janvier, lors du dernier forum de Davos.

 > L'Europe, pays "émergent"

Lors du même forum, la croissance molle sur le Vieux Continent lui avait inspiré cette analyse lapidaire: "Ne le prenez pas comme une provocation, je pense que l'Europe devrait être reconsidérée comme un pays émergent", avait-il déclaré.

J.S