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Cette PME voit d'un mauvais oeil l'implantation chinoise dans la Meuse

Inesa a bénéficié du soutien du gouvernement français, dont le chef, Manuel Valls, avait signé en Chine l'accord pour l'installation de l'usine chinoise dans la Meuse, le 29 janvier 2015.

Inesa a bénéficié du soutien du gouvernement français, dont le chef, Manuel Valls, avait signé en Chine l'accord pour l'installation de l'usine chinoise dans la Meuse, le 29 janvier 2015. - Jean-Christophe Verhaegen-AFP

"Eclatec, PME spécialisée dans l'éclairage public, proteste vigoureusement contre l'appui massif des pouvoirs publics à l'implantation dans la Meuse de l'usine chinoise d'Inesa."

L'arrivée dans la Meuse d'une usine chinoise d'ampoules LED ne fait pas que des heureux, loin de là. Eclatec, une PME lorraine implantée à Maxéville, à quelques dizaines de kilomètres de la future usine, s'inquiète ouvertement du soutien apporté par les autorités locales et nationales à cette implantation chinoise.

Le Premier ministre, Manuel Valls, est venu poser la première pierre de cette usine de LED construite par le puissant groupe chinois Inesa, fort de 40.000 salariés et dont le chiffre d'affaires dépasse les 8 milliards d'euros.

Ce site, pour lequel la Hongrie était aussi candidate, devrait être opérationnel dès 2017 et servir de base européenne à Inesa pour vendre ses LED aux grands comptes européens: les collectivités locales et les industriels.

La PME française dénonce des "moyens démesurés"

Sur son site Internet et sa page Facebook, la PME française, dénonce dans une tribune intitulée "Trop c'est trop!!!" signée de la direction et du personnel, "la sollicitude répétée de nos gouvernants envers un projet qui a visiblement été mal évalué" ajoutant "qu'il lui semblait anormal que certaines instances locales françaises mettent à disposition des moyens démesurés pour favoriser le sort d'une entreprise contrôlée par des capitaux publics chinois".

Une allusion très directe au fait qu'Inesa ait reçu le soutien du gouvernement français, Manuel Valls ayant signé en Chine l'accord pour l'installation de l'usine le 29 janvier 2015

Tout en affirmant qu'elle était habituée à affronter sans crainte les défis de la concurrence internationale, Eclatec accuse même l'entreprise chinoise de proposer en Chine "des matériels très largement inspirés de ses propres produits, comme de ceux de ses concurrents occidentaux du reste".

Créée en 1927 sous le nom de "L'éclairage technique", l'entreprise s'est lancée dès 2004 dans les systèmes de luminaires à LED, se rapprochant en 2006 de GHM pour constituer un groupe française d'éclairage public. Eclatec et sa société soeur Metalec, implantée dans les Vosges, revendiquent avoir créé de l'ordre de 100 emplois ces 10 dernières années.

Frédéric Bergé