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Ce petit robot désherbeur qui séduit les agriculteurs et autres maraîchers

En effectuant le désherbage mécanique des cultures maraîchères, le robot OZ évite le recours au désherbant chimique.

En effectuant le désherbage mécanique des cultures maraîchères, le robot OZ évite le recours au désherbant chimique. - Naïo Technologies

La start-up Naïo Technologies a livré chez un maraîcher bio son centième petit robot Oz effectuant le désherbage mécanique. Près de 30 livraisons sont prévues en 2019 en France et à l’étranger par cette société toulousaine qui a développé deux autres robots agricoles.

Quant la robotique agricole prétend automatiser certaines tâches des agriculteurs, le petit engin de la start-up Naïo Technologies se concentre sur le désherbage mécanique des cultures maraîchères. Il évite ainsi à la fois le recours à des produits chimiques et le désherbage à la main, travail à la pénibilité certaine et gourmand en main d'oeuvre.

Avec ses quatre roues motrices dotées de pneus de type Quad ou tracteur, son robot électrique Oz, mû par des batteries, sait biner à peu près toutes les productions maraîchères. Il est muni pour ce faire d'une palette d’accessoires (bineuse à socs, à couteaux, herse étrille, rasette à brosses).

Le robot Oz bénéficie d'un laser lidar pour se guider

Haut de 60 cm et large de 40 cm, il se faufile seul entre les rangs de salades, carottes ou d'oignons grâce au GPS, aux caméras et laser lidar assurant un guidage précis et la détection d'obstacles.

En mode autonome, Oz peut désherber tous les rangs sans intervention humaine, à condition que l'espacement inter-rang ne soit pas trop large et qu'il ait en bout de rang de quoi faire demi-tour et s'engager dans la rangée suivante. Le robot peut aussi être guidé par l’utilisateur à l’aide d’une télécommande sans fil.

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naio 5.JPG © En 2017, Naïo Technologies a lancé le robot Dino, un modèle plus grand qui enjambe trois rangs, destiné aux cultures maraîchères.

Si les dix premiers exemplaires d'Oz (vendu environ 20.000 euros pièce) ont été commercialisés en 2014, trois ans après la création de la start-up par Aymeric Barthes et Gaëtan Séverac, deux ingénieurs en robotique, le centième a été vendu récemment à un maraîcher. Ce client est installé en bio depuis plus de 15 ans dans le département du Gard. Il prévoit d'utiliser le robot pour désherber sa culture d'oignons, au printemps où il subit régulièrement une perte de récolte à cause des mauvaises herbes. En 2019, une trentaine de nouveaux Oz devraient être livrés.

Fort de ce démarrage commercial réussi, la jeune société a, dès 2017, mis au point Dino (cf photo ci-dessus) un modèle plus grand qui enjambe trois rangs, destiné aux producteurs de légumes en plein terre.

Le robot Ted enjambe les vignes pour les désherber

Puis Naïo a commercialisé en 2018, Ted, un robot enjambeur de vigne désherbant en coupant l'herbe. Plus imposant avec ses 2 mètres de haut, il a été cofinancé par la région Occitanie, avec l’IFV, centre technique de la vigne et du vin et le LAAS-CNRS, laboratoire de recherche en robotique à Toulouse.

Pour financer sa croissance, le constructeur toulousain de robots agricoles a levé fin 2018 2,5 millions d'euros auprès des fonds Demeter et Capagro. Ils avaient déjà participé aux tours de table précédents dont celui de 2 millions d'euros réunis fin 2017. Fin 2018, Naïo Technologies comptait 43 salariés pour un chiffre d’affaires de 2,1 millions d’euros avec 150 robots en tout, installés chez des clients en France et à l'étranger.

Frédéric Bergé