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Ce groupe chinois veut éclairer l'Europe depuis la Meuse

"Le géant chinois Inesa, spécialiste des ampoules LED, pose ce lundi la première pierre de sa future usine dans la Meuse en présence de Manuel Valls. Pourtant quand on lui a présenté le site, le patron du groupe n'était guère enthousiaste."

Les investissements chinois en France ont plus que doublé l'an dernier. En 2015, la Chine a investi 3,5 milliards de dollars dans l'Hexagone. Plus qu'au Royaume-Uni ou en Allemagne. La France est au deuxième rang des pays européens qui attirent le plus les investisseurs chinois, derrière l'Italie, selon une étude du cabinet Baker et McKenzie publiée lundi.

Un symbole de ce goût des Chinois pour la France se trouve dans la Meuse, où se rend le Premier ministre ce lundi. Manuel Valls va poser la première pierre d'une usine de LED construite par un groupe chinois. L'annonce de cette installation avait été faite en décembre dernier lors de la COP21. Le groupe Inesa va investir 100 millions d'euros et promet plusieurs centaines d'embauches. Les élus locaux et l'exécutif français font tout pour bien accueillir ce précieux investissement. Il faut dire qu'à l'origine, ce site de la Meuse n'avait pas particulièrement emballé le grand patron chinois.

De la campagne et des chemins de terre

Lorsqu'on a présenté à Qiang Wang le site choisi pour installer son usine française, le PDG du groupe Inesa est resté sans voix. Devant ses yeux, 15 hectares de campagne à quelques kilomètres de Verdun, juste en face de la gare TGV. Le terrain, forcément, est vide. Pour y accéder, la délégation emprunte une route qui se rapproche davantage du chemin de terre que de la quatre voies. Bienvenue dans la Meuse, département rural le plus pauvre de la région Lorraine.

Le groupe Inesa, mastodonte chinois de 40.000 salariés et dont le chiffre d'affaires dépasse les 8 milliards d'euros, fait dans l'éclairage high tech et le big data. Le quotidien de ce grand patron, ce sont les mégalopoles asiatiques. La ville de Shanghai est d'ailleurs l'un de ses principaux actionnaires. Alors l'homme d'affaires a quelques difficultés à visualiser son futur centre technologique sur ces lieux. Mais les élus locaux sont là pour le rassurer: de nouvelles routes vont être construites pour accéder à la future usine, et son emplacement en face de la gare la situe à 1 heure de Paris. Le département promet en outre de faire venir d'autres entreprises pour créer tout un écosystème industriel tourné vers l'économie verte.

En dépit de la déconvenue, Inesa se laisse convaincre. Pour porter chance à son projet, le patron chinois a prévu de dessiner un plan d'eau en forme de chiffre 8 à l'entrée. Le projet devrait coûter 100 millions d'euros pour bâtir 60.000 mètres carré de planchers, une tour de 18 étages et des espaces dédiés à la culture franco-chinoise. L'usine, pour laquelle la Hongrie était aussi candidate, devrait être opérationnelle dès 2017, et servir de hub à Inesa pour vendre ses LED aux grands comptes européens: les collectivités locales, les industriels. Le groupe chinois compte investir un total de 3 milliards de dollars sur le Vieux Continent pour asseoir sa domination et inonder un marché qui va peser plusieurs milliards d'euros.

Isabelle Gollentz, édité par N.G.