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Au Tricastin, Orano (ex Areva) inaugure une usine flambant neuf de conversion d'uranium

Orano (ex Areva) inaugure en France sa nouvelle usine de conversion d'uranium. Le groupe a investi 850 millions d'euros rien que dans ce site qui convertit le minerai, étape intermédiaire avant l'enrichissement qui le transforme après en combustible pour centrale nucléaire.

Recentré sur le cycle du combustible nucléaire, Orano (ex Areva) a inauguré au Tricastin (Drôme) sa nouvelle usine de conversion d'uranium, Comurhex II. La conversion constitue "une étape essentielle dans le cycle du combustible, entre les mines et l’enrichissement" qui aboutit au combustible nécessaire aux centrales nucléaires.

Cette usine flambant neuve convertit l'uranium naturel extrait des mines. en hexafluorure d'uranium (UF6), étape obligée avant celle de l'enrichissement, effectuée dans l'usine Orano voisine, "Georges Besse II", puis l'assemblage du combustible destiné aux réacteurs nucléaires. Au sein d'Orano, la première étape de l'étape de conversion du minerai est réalisée sur le site de Malvési, situé près de Narbonne (Aude), la seconde étape au Tricastin.

L'usine drômoise, qui sera opérationnelle fin 2018, vise une production de 7500 tonnes début 2019 puis, à terme, 15.000 tonnes de capacité installée fin 2020. Les premiers essais de qualification se termineront à la fin de l'année.

Le complexe nucléaire du Tricastin occupe 250 hectares

Elle représente 1,3 milliard d'euros d'investissement en prenant le relais d'une ancien usine (Comurhex I), arrêtée en décembre 2017 après 55 années de production. Dans le détail, "850 millions d'euros ont été investis dans la nouvelle usine du Tricastin, l'usine de conversion la plus moderne du monde, et 350 millions d'euros sur le site de Malvési (Aude), qui a été modernisé", selon Philippe Knoche, directeur général du groupe.

Le nouveau site du Tricastin comprend 250 salles isolées par des portes coupe-feu --contre 30 dans l'ancienne usine-- et abrite trois "réacteurs à flammes", gros tubes métalliques de douze mètres de haut perforés de multiples tuyauteries, alimentés en poudre d'uranium (UF4) et en fluor: c'est le coeur de l'infrastructure installée dans le complexe nucléaire de 250 hectares du Tricastin. En complément, des innovations technologiques diminuent la consommation de réactifs chimiques (ammoniac, acide nitrique, potasse) et la consommation d'eau (1,5 million de m3/an économisés).

Frédéric Bergé avec AFP