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Arc, un dossier social et industriel sensible que connaît bien Macron

"Si un accord n’avait pas été signé avec les organisations syndicales, l’entreprise était condamnée", avait affirmé fin juin 2016 Emmanuel Macron, en visite sur le site industriel d'Arques, qui emploie plus de 5000 salariés.

"Si un accord n’avait pas été signé avec les organisations syndicales, l’entreprise était condamnée", avait affirmé fin juin 2016 Emmanuel Macron, en visite sur le site industriel d'Arques, qui emploie plus de 5000 salariés. - Philippe Hughen-AFP

Avec 5.200 salariés sur son site du Pas-de-Calais, Arc International subit des problèmes récurrents de trésorerie. Direction et financiers tentent de trouver des solutions. Un dossier que connaît bien Emmanuel Macron, qui avait supervisé le plan de sauvetage du verrier nordiste en 2014, lorsqu'il était ministre de l'Économie.

S'il est un dossier industriel et social que connaît très bien le nouveau président de la République, c'est bien celui d'Arc International. Nouvellement ministre de l'Économie en 2014, il avait dû s'impliquer dans le plan de sauvetage du verrier nordiste dont l'usine d'Arques (Pas-de-Calais), située à 70 km du Touquet, emploie 5.200 salariés. Emmanuel Macron eut l'occasion de revenir sur le site fin juin 2016 pour saluer un accord sur l'aménagement et la réorganisation du travail conclu avec les syndicats dont la CGT.

Au terme du plan orchestré avec le soutien de Bercy, le groupe Arc International, spécialiste des arts de la table, avait été repris en 2015 par le fonds américain PHP, alors qu'il était proche du dépôt de bilan. Le plan de relance comprenait un financement d'investissement à hauteur de 200 millions d'euros, venant d'un consortium comprenant notamment un fonds souverain russe et une filiale de la Caisse des dépôts, CDC International. Une première tranche de 50 millions d'euros avait été débloquée fin octobre 2016.

Des problèmes financiers qui inquiètent des élus locaux

Or, depuis plusieurs mois, en dépit de cet accord syndicats-direction et du plan de sauvetage, l'industriel rencontre des difficultés de financement récurrentes.

"Le fonds souverain russe semble réticent à débloquer la deuxième tranche de 50 millions, le propriétaire américain ne semble pas décidé à remettre la main à la poche et c'est l'avenir du groupe qui est de nouveau menacé", s'était alarmé fin février 2017 le sénateur Dominique Watrin (PCF, Pas-de-Calais) lors de la séance de questions au gouvernement.

Les ventes ont connu un regain au 1er trimestre 2017

Depuis, le nouveau directeur général d'Arc France, Tristan Borne, a pris ses fonctions le 3 avril dernier. Mais l'industriel rencontre des problèmes récurrents de trésorerie. Ces difficultés trouvent leur origine dans le refus de plusieurs banques de lui accorder des facilités financières, depuis qu'elles ont dû effacer la moitié des 200 millions d'euros de dettes dans le cadre du précédent plan de sauvetage, explique le quotidien La Voix du Nord.

Arc International a toutefois connu un regain positif de ses ventes sur le premier trimestre 2017, qui auraient augmenté de 11%. Pour résoudre l'épineuse question des besoins de trésorerie, des solutions seraient à l'étude entre la direction de l'entreprise et ses financiers, d'ici les prochaines semaines. La région des Hauts-de-France et les pouvoirs publics, impliqués dans le premier plan de sauvetage, suivent aussi de près l'évolution du dossier.

Dès la fin février 2017, des "propositions d'accompagnement" avaient été présentées par le ministère de l’Économie à la direction et aux partenaires sociaux. Gageons que le nouveau pouvoir mis en place sous la direction d'Emmanuel Macron, fin connaisseur du dossier, ne relâchera pas ses efforts.

Frédéric Bergé