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Alstom: Bruxelles met en garde Paris contre ses tentations protectionnistes

Michel Barnier a prévenu que l'utilisation de ce décret devrait être "proportionnée".

Michel Barnier a prévenu que l'utilisation de ce décret devrait être "proportionnée". - -

Le commissaire européen Michel Barnier a réagi, ce jeudi 15 mai, à l'élargissement du décret protégeant les secteurs stratégiques de l'économie française. Il invite ainsi Paris à ne pas basculer dans le protectionnisme.

Bruxelles a vite réagi. Ce jeudi 15 mai, l'exécutif français a élargi le périmètre du décret protégeant plusieurs secteurs de l'économie française face à des rachats de rivaux étrangers. Désormais, le transport, la santé, et l'énergie, l'eau et les télécoms font partie des domaines qualifiés de "stratégiques" par le gouvernement. Une mesure prise alors que le dossier Alstom bat son plein.

Interrogé sur cette initative, le commissaire européen au marché intérieur et aux services financiers, Michel Barnier, a rappelé que "l'objectif de protéger les intérêts essentiels stratégiques dans chaque Etat membre est essentiel dès qu'il s'agit de sécurité ou ordre public. C'est clairement prévu dans le traité".

"Mais nous devons vérifier si (cet objectif) est appliqué de manière proportionnée sinon cela reviendrait à du protectionnisme", prévient-il. Il a ajouté que si la nouvelle réglementation française soumettait toute opération de rachat d'une entreprise au feu vert des autorités nationales, "il est clair que ce serait du protectionnisme".

Une "mauvaise idée" pour Gattaz

Dans un communiqué publié ce jeudi, Arnaud Montebourg a déjà affirmé que de ce décret sera "naturellement appliqué de manière sélective et porportionnée, en tenant compte de chaque situation".

En 2005, lorsque le gouvernement Villepin avait mis en place la première version de ce décret, la Commission européenne avait alors tapé sur les doigts de Paris. A l'époque, ce décret avait été pris peu de temps après des rumeurs de rachat de Danone par PepsiCo.

Bruxelles jugeait alors le dispositif "protectionniste" et "disproportionnée". La Commission avait notamment demandé à la France de retirer des secteurs protégés la santé publique. Au final, le décret ne concernait quasiment que la Défense.

Outre la Commission européenne, le président du Medef, Pierre Gattaz a, lui aussi, réagi aujourd'hui. Il estime que le décret "est une mauvaise idée" car il "faut être offensif et non défensif".

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J.M. avec agences