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Industrie : 1 poste sur 2 ne trouve pas preneur dans le Nord

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Alors qu’Arnaud Montebourg doit présenter aujourd’hui son plan de réindustrialisation, RMC révèle que dans le Nord-Pas-De-Calais, un poste sur deux en CDI ne trouve pas preneur. Soudeurs et tourneurs-fraiseurs souffrent d’un problème d’image et de formation.

C’est ce mercredi à 18h15 qu’Arnaud Montebourg présentera les axes de son plan de réindustrialisation, en clôture du Conseil national de l’industrie, à Bercy. Le discours du ministre du Redressement productif devrait s’articuler autour de grands axes de méthode : la compétitivité-coût, les sources de financement, la souveraineté énergétique, ou encore l'innovation pour mettre fin au déclin de l’industrie française.
En parallèle, pourtant, une enquête de la Chambre de commerce et d’industrie Grand Nord nous apprend que près d’un industriel sur deux du Nord-Pas-De-Calais n’arrive pas à recruter. 46% des chefs d’entreprises du département proposent des postes en CDI de soudeurs, mouleurs ou encore tourneurs-fraiseurs toujours vacants.

« Obligés de recruter au Portugal ou en Pologne »

Christian Szymczak est le PDG de la Fonderie et aciérie de Denain. Il a de nombreux clients, son carnet de commande est bien rempli, mais il peine à embaucher : « On ne trouve pas de personnes motivées pour faire du soudage, idem pour la fonderie, alors que c’est un métier d’avenir. Pour le recrutement, on recherche par vagues de 10, et pour en trouver 5 c’est déjà une galère phénoménale ! »
D’après Serge Merlier, président de l’Union de l’industrie et des métiers de la métallurgie (UIMM) de la région, « 16 000 offres d’emploi sont présentes au Pôle Emploi, mais la moitié ne trouvera pas preneur. » De ce fait, « des entreprises perdent des marchés, faute de compétences. C’est catastrophique ! Certaines sont obligées de recruter à l’étranger, au Portugal ou en Pologne. » Le phénomène inquiète les professionnels, quand on sait que 30 000 personnes partiront en retraite d’ici 2020 et qu’il faudra les remplacer.

« Ce n’est plus l’industrie à la Zola, nous avons un retard inadmissible »

Les raisons de cette crise de recrutement sont multiples, mais la principale reste l’image de la profession. Longtemps considérées comme voies de garages dans l’éducation nationale, les jeunes se détournent de ces formations qui, faute de demandes, ferment.
Philippe Vasseur est président de la Chambre de commerce et d’industrie Grand Nord : « La reconquête industrielle passe par plusieurs paramètres, dont celui de la formation et l’adaptation de la main d’œuvre aux postes offerts et surtout aux nouvelles industries. Et puis, l’industrie a une mauvaise image. Ce n’est plus les mains dans le cambouis et un bleu de travail, l’industrie à la Zola, ce sont des outils modernes. On est vraiment dans un autre monde, et ce monde-là, la France ne s’y est pas suffisamment préparée. Nous avons dans ce domaine un retard inadmissible. »

La Rédaction, avec Lionel Top