BFM Business

Heuliez placé en redressement judiciaire

L'équipementier automobile Heuliez, qui est à la recherche d'un repreneur pour assurer sa survie, a été placé vendredi en redressement judiciaire, avec une période d'observation de six mois. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahe

L'équipementier automobile Heuliez, qui est à la recherche d'un repreneur pour assurer sa survie, a été placé vendredi en redressement judiciaire, avec une période d'observation de six mois. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahe - -

NIORT, Deux-Sèvres - L'équipementier automobile Heuliez, qui est à la recherche d'un repreneur pour assurer sa survie, a été placé vendredi en...

par Claude Canellas

NIORT, Deux-Sèvres (Reuters) - L'équipementier automobile Heuliez, qui est à la recherche d'un repreneur pour assurer sa survie, a été placé vendredi en redressement judiciaire, avec une période d'observation de six mois.

Dans sa décision, le tribunal de commerce de Niort (Deux-Sèvres), fixe la fin théorique de cette période au 21 novembre mais précise qu'il sera statué dans deux mois, le 28 juillet, sur sa prolongation éventuelle.

La société, qui vient de déposer son bilan, est devenue le symbole des difficultés de l'industrie automobile en France.

Le redressement judiciaire permet le paiement d'une partie des salaires par les assurances de garantie des salaires (AGS), un dispositif public, et donne du temps pour examiner les offres des repreneurs potentiels.

Emilio Galluccio, président délégué, et Didier Picot, vice-président de la société basée à Cerizay, qui fabrique notamment un véhicule électrique, avaient annoncé la cessation de paiement mardi dernier.

Pour Claude Point, délégué CFDT et secrétaire du Comité d'entreprise, "même la période de deux mois nous paraît longue. Nous espérons que l'administrateur va faire très vite pour trouver une solution".

Selon les syndicats, trois candidats seraient sur les rangs pour la reprise, dont le groupe financier anglo-malaisien Delamore and Owl (D&O) qui a fait une offre de reprise globale de 25 millions d'euros, que les dirigeants voulaient favoriser.

La direction a indiqué aux représentants du personnel que D&O s'engageait à reprendre les 600 salariés actuels en conservant l'ensemble des activités mais pour les syndicats, cette solution est sujette à caution.

"On nous dit qu'ils sont dans le secteur automobile mais on ne sait rien, il n'y a rien qui transpire. Maintenant ils vont être obligés de se dévoiler", a déclaré Claude Point.

INVESTISSEURS FRANÇAIS ET ALLEMAND

Deux investisseurs français et allemands qui ont demandé la confidentialité sur leur identité sont également sur les rangs et auraient les faveurs de l'administrateur judiciaire.

Toujours selon les syndicats, l'investisseur français, industriel dans l'emboutissage, serait prêt à reprendre cette dernière activité, tandis que l'Allemand, qui évolue dans le secteur de la voiture électrique, serait intéressé par l'activité la plus porteuse d'avenir chez Heuliez.

Cette solution, qui scinderait l'entreprise en deux entités différentes, n'avait pas les faveurs des syndicats qui ont pour objectif de sauver les 600 emplois.

Pour Claude Point, les deux candidats à la reprise "travaillent pour faire une proposition commune. Notre volonté c'est d'avoir une solution globale".

Mais des syndicalistes, dont Jean-Emmanuel Vallade, délégué CFE-CGT, sont "prêts à étudier cette solution", même si la proposition inclut plus de 200 licenciements.

L'investisseur turc Alphan Manas, candidat privilégié par le ministère de l'Industrie il y a quelques semaines, avait proposé de reprendre 15% de l'entreprise avec un apport de 10 millions d'euros mais il ne serait plus dans la course parce qu'il n'est intéressé que par la reprise du secteur voiture électrique.

Heuliez avait déjà été placé en redressement judiciaire il y a près d'un an, avant d'en sortir en raison d'un projet de reprise par le groupe Bernard Krief Consulting (BKC), désigné par le tribunal de commerce. Ce dernier n'a jamais apporté les 15 millions d'euros promis.

L'avenir d'Heuliez dépend pour une bonne part du développement de la Mia, un véhicule électrique présenté au dernier salon de Genève.

L'Etat a promis 10 millions d'euros via le Fonds stratégique d'investissement (FSI) et la région Poitou-Charentes s'est engagée à hauteur de cinq millions d'euros dans le cadre d'un pacte d'actionnaires.

Édité par Yves Clarisse