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Hauts-de-France: un chef d'entreprise sur cinq envisage de licencier dans les prochains mois

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Photo d'illustration - Jeff Pachoud - AFP

Selon une étude menée par la Chambre de Commerce et d'Industrie des Hauts-de-France, les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration seraient parmi les plus impactés par ces possibles licenciements.

Tous les indicateurs sont au rouge pour les entreprises. Selon la dernière enquête de la Chambre de Commerce et d'Industrie des Hauts-de-France, 51% des patrons ont accusé une baisse de leur chiffre d'affaires durant le confinement et 54% d'entre eux ont été contraints d'avoir recours au chômage partiel.

Une situation alarmante aux yeux du président de la chambre régionale, Philippe Hourdin. "Les chiffres sont mauvais, a-t-il déploré à BFM Lille et Grand Littoral. Pour lui, le plus alarmant, c'est le chômage", qui pourrait être renforcé dans les mois et semaines à venir par une vague de licenciements.

En tout, près d'un chef d'entreprise sur cinq envisage en effet de se séparer d'un ou plusieurs de ses salariés après la crise dans la région.

"Beaucoup d'entreprises sont en difficulté, les chefs d'entreprises ne peuvent avoir que le moral très bas et donc penser à licencier puisqu'ils en sont à imaginer que la pérennité de leur entreprise est entamée", a-t-il déclaré.

L'hôtellerie et la restauration durement touchées

Sans surprise, l'hôtellerie et la restauration sont les plus concernées par cette possible vague de licenciement. Selon l'étude menée par la Chambre de Commerce et d'Industrie, 32% des patrons de la région exerçant dans ce secteur envisagent de licencier et les trois quarts d'entre eux connaissent des problèmes de trésorerie.

Des chiffres qui ont quoi inquiéter les représentants syndicaux comme Gérard de Poorter, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie en Hauts-de-France et dans la métropole de Lille.

"Le moral n'est pas au beau fixe. Ils souffrent, ces gens-là, et ils sont complètement dépourvus. On continue à souffrir, c'est très dur", lance-t-il.

Les perspectives sont peu rassurantes: depuis le déconfinement, seulement 40% des entreprises de la région ont repris leur activité. La CCI estime qu'il faudra encore attendre six mois pour espérer un retour à la normale.

Juliette Mitoyen